‹ Louis 16. et sa courChapitre 26 sur 193 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

mettre ce soin et ce droit à un tribunal compose de magistrats qui devaient , pour l’exercer, être unanimes dansleur décision. Mais Louis XVI, qui avait souscrit à ses vues , ne les avait point réalisées; il n’avait point non is décidé l’exécution d’un autre plan de Malesherbes sur les arrêts de sur séance, qui n’étaient qu’une suspension scandaleuse de la justice «n faveur de débiteurs puissants. Ces idées restées à l’état de projet dans une réforme qui devait être large et résolue pour réussir contristaient le cœur de Malesherbes; il avait le sentiment du bien, mais il n’en avait pas la puissance. C’était la première fois peut-être qu’une conviction profonde n’était pas une force. Malesherbes a couvert toute sa vie avec la dernière page de l’histoire de Louis XVI et la belle amitié deTurgot, et de telles choses prêtent à l’illusion ; mais, osons ledire, il n’était que la moitié d’un juste, car il faut que la vertu soit ferme pour être comptée pour vertu dans un homme public. Sa bonté , comme celle de Louis XVI, allait mourir dans la faiblesse; il gémissait du mal , et il ne le réparait pas. Chargé d’introduire les économies dans la maison du roi , il regardait passer, en s’en affligeant, tout ce flot d’abus qu’il ne put jamais arrêter. Aussi sa conscience , qui était pour lui une lumière, lui montrait-elle sans cesse la nécessité de quitter des fonctions pour lesquelles il n’était point fait. Sa fidélité a la destinée deTurgot le retenait encore. Mais quand Turgot vit s’accroître le nombre deses ennemis, quand LouisXV I,

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