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ennemis se hâtèrent de dire qu’une telle déclaration était une faute. Avaient-ils raison? Necker, investi de la confiance de tous les hommes d’argent de l’Europe , ne pouvait pas dissimuler la situation; pour être fort, il fallait qu’il fût franc, et il l’avait compris. Les banquiers, qui savaient apprécier le financier, avaient rein pli l’emprunt avant même qu’il fût enregistré. Mais le Parlement opposa sa résistance ; l’ancien adversaire de Necker dans l’affaire de la compagnie des Indes, Duval d’Éprémcnil , combattit , avec l’ardeur d’une position déjà prise contre l’homme, toute espèce d’enregistrement. Il critiqua passionnément les vues du directeurgénéral , et l’accusa de tout ce dont les hommes qui allaient en arrière accusaient ceux qui allaient en avant, c’est-à-dire d’idées anglaises. Cependant, malgré les efforts de d’Éprémenil et les sympathies que ses attaques avaient rencontrées dans la compagnie, l’enregistrement eut lieu. Cet emprunt fut attaqué par les gens de finance, en haine des banquiers, à qui l’emprunt constituait de certains avantages. On reprocha à Necker de n’être qu’un Tartufe de inoralité sans profondeur, parce qu’il convertissait l’emprunt en rentes viagères, opération dont le caractère, disait-on, contrastait déplorablement avec les prétentions vertueuses du ministre. Madame de Staël, dans sa belle plaidoirie filiale, qu’elle croyait sincèrement de l’histoire , et qui souvent en mérite le nom, madame de Staël dit que l’intérêt