‹ Louis 16. et sa courChapitre 39 sur 193 · I.Ol'lS XVI KT SA COUR · texte numérisé non relu

I.Ol'lS XVI KT SA COUR

viager, tel qu’il avait été combiné par Ncckcr , était une combinaison tout aussi légitime que l’intérêt perpétuel. Elle montre l 'exemple de l’Irlande, où il existait des tontines viagères ; elle parle de la France, qui en avait aussi depuis longtemps; puis elle ajoute ce mot inflexible : « Il faut se servir des différents genres de spéculations pour captiver les diverses manières de voir des capitalistes (i). » Certes, plus d’un financier sera de cet avis ; mais la conduite de Ncckcr, c’est-à-dire de l’homme qui s’est le plus travaillé pour réaliser l’accord de la politique et de la inorale, est-elle justifiée suffisamment par cet il faut? L’homme qui soutenait comme une thèse que nulle nécessité ne doit faire plier la liberté morale, avait-il bon air de se montrer si docile aux prescriptions de la nécessité? Dira-t-on que Necker n’aurait pas trouvé d’argent eu empruntant au perpétuel, tandis que, pour les rentes viagères, les préteurs lui venaient en foule. Comme financier, on peut l'absoudre; mais lui, ne donnait-il pas un avantage à ses ennemis? On paye toujours un jour ou l’autre les prétentions que l’on affiche, et celles de Necker l’obligeaient à ne pas se montrer si financier, quand d’abord il s’était montré si scrupuleux.

Cette création de rentes viagères fut une des meilleures armes que purent employer les adversaires de Necker; aussi ne manquèrent-ils pas de s’en servir : les

(t) Considérations sur ta lié vol. française , livre î,chnp. 5.

Jl ll—

Page 1