‹ Louis 16. et sa courChapitre 49 sur 193 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

vices rendus par Necker à la France. Quand il quitta le ministère, il laissa des fonds assurés pour une année entière : « Il y avait , dit-il, au trésor plus d’argent compte tant et plus d’effets exigibles qu’il ne s’en était jamais « trouvé de mémoire d’homme. » De plus, le crédit qu’il avait fondé était prouvé par sa popularité même. Quand on examine son ministère en détail , on n’a presque que des éloges à donner à Nccker. Les actes qu’on a le plus blâmés sont, avec la création des rentes viagères, l’établissement des monts-de-piété et la vente des biens des hôpitaux. Mais on n’a pas assez réfléchi peutêtre que les monts-de-piété, dont les inconvénients n’échappèrent certainement pas au regard de Necker, furent moins établis pour produire un bien absolu (pie pour obviera un mal. Dans l’état où se trouvait alors la science économique, les monts-de-piété ne pouvaient être qu’une espèce de machine de guerre contre les spéculations d’une foule d’usuriers. Necker n’était pas économiste, mais il trouvait en face de lui une très-forte opinion qui l’était. Quant à la vente des biens des hôpitaux , cette mesure si hardie qu’elle en semble arbitraire, les ennemis de Necker l’ont comparée à la mesure exécutée depuis parle gouvernement révolutionnaire : comparaison juste, mais aussi justificatrice, selon nous; car l’État perdrait son droit de tutelle et de direction, s’il ne pouvait, dans certaines circonstances, opérer sur les intérêts privés en vue d’un intérêt supérieur.

Page 1