‹ Louis 16. et sa courChapitre 93 sur 193 · CH A PI TU K III · texte numérisé non relu

CH A PI TU K III

cher scs régiments; mais quand il vit que toute défection parmi les puissances opposées à ses vues n’était plus possible, et que Yergennes, l’ancien ambassadeur «à Constantinople, ayant négocié la paix entre la Turquie et les Russes, ceux-ci allaient appuyer Frédéric de leurs armes , il céda en frémissant. La paix de Tesclien fut conclue le 10 mai 1779, sous la garantie de la France (1). Par cette paix, la France gardait toute son attention et toutes ses forces pour sa guerre d’Amérique et des Indes ; de plus, elle limitait les prétentions de l’Autriche, qui, dès lors, 11e garda plus de mesure, et se tourna toujours plus ou moins ouvertement du côté de nos ennemis (2).

Ce succès très-honorable pour Yergennes , et qui le rendit presque populaire, fut bientôt suivi d’un autre

(1) Cefutle baron de Breteuil qui fit cette paix avec beaucoup de dignité et de talent. Voir ses belles dépêches , dans Flassan , Histoire de la diplomatie , t. VII, p. 187 et suiv. Pour le traité, voir Flassan, idem, p. 252.

(2) La politique de Joseph II fut plus contraire à nos intérêts que celle même de Marie-Thérèse. Il a été accusé , dit Soulavie , assez informé en général des affaires étrangères, d’avoir voulu détacher l’Espagne de notre alliance par l’appât de Gibraltar, que lui offrait l’Angleterre si elle voulait traiter de la paix séparément avec Londres. Voir Mémoires du régne de Louis Xf'I, t. IV, p. 337. Un intrigant, plus haut alors par le talent que par la considération , le baron de Thugut, si grandi depuis par sa position, fut envoyé à Paris , pour proposer à la France une ligue contre Catherine IL Comme on ne l’écouta pas , Joseph se lia avec Catherine contre les Turcs, nos alliés ordinaires

moins éclatant, il est vrai, d’une moindre portée, mais qui n’en fut pas moins un succès. Ce fut l’apaisement des troubles de Genève , et la garantie d’une constitution, acceptée en 1738 sous les influences du gouvernement de Louis XV. Des factieux , en 1 779, avaient voulu la renverser; une lutte acharnée et sanglante s’en était suivie. Poussés à bout et craignant pour leur État, les syndics de la république demandèrent l’intervention de la France. Ils invoquèrent les engagements contractés à une autre époque, et le cabinet de Versailles négocia un plan d’opérations avec la cour de Turin et le gouvernement de Berne dans l’intérêt des Génevois et de leur constitution. Des troupes marchèrent, et ce fut le marquis de Jaucourt qui les commanda (27 juin 1782). Ij’ insurrection fut comprimée sans coup férir; et, le 12 de novembre 1782, les puissances intervenantes signèrent une déclaration de neutralité et de garantie concernant la ville de Genève (1). Ce qui donnait une importance réelle à cette répression ferme et rapide de la sédition génevoise, c’est que la politique anglaise n’y était point étrangère. Nous étions alors au plus fort de la guerre d’Amérique; en soulevant une opposition violente contre le parti français qui gouvernait la république , la politique anglaise postait un ennemi à nos portes , et cherchait à nous susciter

( 1 ) YoirFlassan, flist. de la diplomatie , t. VII, p. 299 .

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