I .'infidèle , étonné d’admirer un chrétien
Se livre devant vous au charnue qui l’entraine ,
Et dans son cœur surpris sent expirer la haine.
Almodan seul nous hait.... Il règne ; mais enfin Des maîtres de ces lieux on connaît le destin :
Eeur trône , chancelant sur le bord d’un abyme.
S’élève par la force , et tombe par le crime ;
Le peuple , devant eux quelque temps prosterné,
Obéit en tremblant au chef qu’il s’est donné ;
Mais , au premier signal , la révolte s’éveille :
On proscrit le Soudan qu’on adorait la veille;
Le soldat effréné l'immole à sa fureur.
Et , couvert de son sang , nomme son successeur. Espérons : on murmure, et l’Égypte peut-être Doit apprendre aujourd’hui qu’elle a changé de maître.
LOUIS
Je crains , je l’avouerai , ce chrétien apostat Dont les Français trahis ont pleuré l’attentat.
Contre le Dieu vivant vomissant le blasphème ,
Sur son front , qu'arrosa l’eau sainte du baptême ,
Le coupable Raymond a posé le turban ;
II est vendu , sans doute , aux fureurs du Soudan.
Flétri de sa faveur, ministre de sa rage ,
Des soutiens de la foi prolongeant l’esclavage ,
Contre nous de son maître il arme la rigueur.
Qui l’eût jamais pensé , Joinville , qu’en son cœur