‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 10 sur 57 · I .'infidèle , étonné d’admirer un chrétien · texte numérisé non relu

I .'infidèle , étonné d’admirer un chrétien

Se livre devant vous au charnue qui l’entraine ,

Et dans son cœur surpris sent expirer la haine.

Almodan seul nous hait.... Il règne ; mais enfin Des maîtres de ces lieux on connaît le destin :

Eeur trône , chancelant sur le bord d’un abyme.

S’élève par la force , et tombe par le crime ;

Le peuple , devant eux quelque temps prosterné,

Obéit en tremblant au chef qu’il s’est donné ;

Mais , au premier signal , la révolte s’éveille :

On proscrit le Soudan qu’on adorait la veille;

Le soldat effréné l'immole à sa fureur.

Et , couvert de son sang , nomme son successeur. Espérons : on murmure, et l’Égypte peut-être Doit apprendre aujourd’hui qu’elle a changé de maître.

LOUIS

Je crains , je l’avouerai , ce chrétien apostat Dont les Français trahis ont pleuré l’attentat.

Contre le Dieu vivant vomissant le blasphème ,

Sur son front , qu'arrosa l’eau sainte du baptême ,

Le coupable Raymond a posé le turban ;

II est vendu , sans doute , aux fureurs du Soudan.

Flétri de sa faveur, ministre de sa rage ,

Des soutiens de la foi prolongeant l’esclavage ,

Contre nous de son maître il arme la rigueur.

Qui l’eût jamais pensé , Joinville , qu’en son cœur

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