‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 11 sur 57 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Sais-tu si les combats où je vous ai guidés Par de grands intérêts n’étaient pas commandés?

Tu ne vois que tes maux, ton désespoir m’accuse :

Eh bien ! Iis dans mon cœur, et connais mon excuse: Vainement, tu le sais, au sein de nos remparts Je voulus appeler le commerce et les arts.

Ces comtes, qui du haut de leurs châteaux antiques Font gémir mes sujets sous leurs lois despotiques, Tyrans dans mon royaume , et vassaux turbulents , Sans relâche occupés de leurs débats sanglants, Détruisaient mes travaux, déchiraient la patrie, Dans son premier essor arrêtaient l’industrie.

Divisés d’intérêts , unis contre leur roi ,

Je les trouvais sans cesse entre mon peuple et moi. Signalant tour-à-tour leurs fureurs inhumaines ,

Ils promenaient la mort dans leurs vastes domaines, Et des soldats français , l’un par l’autre immolés ,

Ce sang coulait sans gloire en nos champs désolés.

Je voulus, des combats leur ouvrant la carrière , Offrir un but plus noble à cette ardeur guerrière : r I u te souviens qu’alors de pieux voyageurs ,

Pour nos frères captifs implorant des vengeurs ,

D'un zélé saint en nous ranimèrent la flamme ;

Aux regards des Français déployant l’oriflamme,

Je leur montre la gloire aux rives du Jourdain :

Ils entendent ma voix , s’arrêtent , et soudain , Oubliant leurs discords , et déposant leurs haines ,

Ils marchent réunis vers ces plages lointaines.

Quels plus nobles dangers leur pouvaient être offerts? Délivrer les chrétiens gémissant dans les fers ,

Rendre Jérusalem à sa splendeur première ,

En chasser l’infidéle, et rompre la barrière

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