‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 9 sur 57 · LOUIS, JOINVILLE · texte numérisé non relu

LOUIS, JOINVILLE

JOINVILLE

Hélas! de Châtillon j’avais prévu les plaintes.

Témoin de sa douleur, confident de ses craintes ,

J’ai fait, pour l’apaiser, des efforts superflus;

Mais s’il vous offensa....

LOUIS

Je ne m’en souviens plus.

De ces braves guerriers le sort me désespère :

Je dois sentir leurs maux, je suis époux et père.

Je brave les malheurs prêts à fondre sur moi ,

Mais je songe à la reine et je connais l’effroi.

Tu sais où l’entraîna sa tendresse alarmée :

Unie à mes périls, aux destins de l’armée,

Tu la vois, des chrétiens soulageant les douleurs,

Oublier ses chagrins pour adoucir les leurs.

Ah ! pour sauver mon fils, mes guerriers, et la reine, Grand Dieu, s’il faut mon sang, frappe, et brise leur chaîne, JOINVILLE.

Non , seigneur; à l’espoir notre ame doit s’ouvrir.

Le ciel nous aime encore, et va nous secpurir'.

Ce prince syrien dont le fatal courage,

De nos premiers combats détruisant tout l’ouvrage ,

Dans les champs de Massoure arrêta nos exploits, Nouradin , de l’honneur sait respecter les lois :

Indigné des affronts qu’Almodan nous prépare.

Chaque jour il s’oppose aux desseins du barbare.

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