LOUIS, JOINVILLE
JOINVILLE
Hélas! de Châtillon j’avais prévu les plaintes.
Témoin de sa douleur, confident de ses craintes ,
J’ai fait, pour l’apaiser, des efforts superflus;
Mais s’il vous offensa....
LOUIS
Je ne m’en souviens plus.
De ces braves guerriers le sort me désespère :
Je dois sentir leurs maux, je suis époux et père.
Je brave les malheurs prêts à fondre sur moi ,
Mais je songe à la reine et je connais l’effroi.
Tu sais où l’entraîna sa tendresse alarmée :
Unie à mes périls, aux destins de l’armée,
Tu la vois, des chrétiens soulageant les douleurs,
Oublier ses chagrins pour adoucir les leurs.
Ah ! pour sauver mon fils, mes guerriers, et la reine, Grand Dieu, s’il faut mon sang, frappe, et brise leur chaîne, JOINVILLE.
Non , seigneur; à l’espoir notre ame doit s’ouvrir.
Le ciel nous aime encore, et va nous secpurir'.
Ce prince syrien dont le fatal courage,
De nos premiers combats détruisant tout l’ouvrage ,
Dans les champs de Massoure arrêta nos exploits, Nouradin , de l’honneur sait respecter les lois :
Indigné des affronts qu’Almodan nous prépare.
Chaque jour il s’oppose aux desseins du barbare.