‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 8 sur 57 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Ali ! faut-il aujourd'hui , rappelant vos erreurs ,

De ces temps désastreux retracer les horreurs !

Que ne puis-je à nos fils en dérober l'histoire!

Chrétiens , je vous ai vus profaner la victoire.

Mes amis les plus chers ont méconnu ma voix.

Déjà , se ranimant au bruit de nos exploits ,

Sion semblait renaître, et de leur délivrance Nos frères consolés embrassaient l’espérance.

Sur le tombeau du Christ prosternés tous les jours,

Les malheureux pour nous imploraient son secours.

Nous les avons trahis; et nous osons nous plaindre!

Ah! quels que soient les maux qui nous restent à craindre, Sachons les supporter: méritons aujourd’hui Que le ciel outragé nous rende son appui.

Ce Dieu qui , nous livrant aux mains des infidèles,

A courbé sous le joug nos tètes criminelles,

Du superbe Almodan peut confondre l’orgueil,

Changer nos pleurs en joie, et son triomphe en deuil. Chevaliers, implorons sa bonté tutélaire;

Que notre repentir désarme sa colère.

Allez. Près du Soudan, pour la seconde fois De l'honneur méconnu faisant parler la voix,

J’espère enfin calmer votre douleur amère.

( a Philippe. )

Vous, mon fils, joignez-vous à votre auguste mère:

Et demandant à Dieu le salut des chrétiens,

Que vos vœux jusqu’à lui montent avec les siens.

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