CHAPITRE IX
prendre qu’à un semblable cours, vous auriez ici au moins autant de monde qu’à Neuchâtel, d’autant plus qu on demande beaucoup la reprise de ces cours et que, depuis que M. Pictet est mort, que M. Rossi est parti et que M. de Castella n’en donne plus, personne n’a recueilli leur héritage qui était pourtant bien brillant. Les uns, paLce qu’ils sont trop occupés, les autres, parce qu’ils n’ont pas le talent convenable, n’ont pas essayé de remplacer ces Messieurs pour le genre dont il s’agit, genre dans lequel vous excelleriez, soit par vos qualités heuieuses, soit par la nature bien choisie du sujet que vous traiteriez, et qui est de tous le plus à la mode actuellement. Ainsi, venez vite exploiter chez nous cette riche veine, avant que d’autres se présentent pour le faire.
Enfin, puisqu’il faut que je vous fasse votre budget, la Bibliothèque universelle qui paie cinquante francs la feuille, vous présenterait une ressource toujours ouverte où vous viendriez consigner les fruits de vos loisirs. Certainement, il vous serait facile d’en tirer au moins mille
francs.
Voilà donc une exposition claire, nette et complète de l’état des choses et de ce que vous pouvez espérer ici. Le moment est propice; il y a chez nous dans ce moment de l’élan pour les sciences; on va présenter cet hiver à notre Grand Conseil un projet de construction considérable pour notre Musée et la Bibliothèque. On se mettra à l’œuvre l’été prochain; vous comprenez combien vos idées et vos conseils seront précieux à cet égard. Peut-être sera-t-il question d’un directeur pour le Musée et d’un appartement pour lui dans le nouvel édifice. Vous comprenez à qui une semblable place seiait destinée.
Mais n’anticipons pas sur l’avenir; bornons-nous au présent et voyez si, tel que je vous le propose, il vous convient.... Allons ! laissez-vous ébranler. Sacrifiez la capitale à une ville de province. A Berlin, vous serez sans doute heu-