‹ Louis AgassizChapitre 107 sur 387 · LETTRE DE A. DE LA RIVE · texte numérisé non relu

LETTRE DE A. DE LA RIVE

reux, honoré. Voyez l’exemple de X...., qui brillait comme une étoile de premier rang à Genève, et qui n’est plus qu’une étoile de troisième ou quatrième rang à Paris. Ce ne serait pas votre cas, je le sais; toutefois, je suis convaincu que votre rôle serait encore plus brillant à Genève, où vous seriez un second de Saussure. Je sais que ces motifs d’amour-propre scientifique ont peu de prise sur vous; j’ai voulu toutefois, pour ne rien omettre, vous les taire valoir. Mais j’espère plus dans ceux que je vous ai présentés les premiers, parce qu’ils partent du cœur et que je sais que le cœur est chez vous aussi vibrant que le génie. Mais en voilà assez ! Je ne veux pas vous fatiguer de plus longues considérations. Je crois vous avoir fourni tous les éléments nécessaires pour votre décision.

Faites-moi donc l’amitié de me faire savoir le plus tôt que vous pourrez le parti que vous comptez prendre. Ayez aussi la bonté de ne pas ouvrir la bouche sur le contenu de ma lettre et de vous rappeler d’ailleurs que ce n'est pas le Recteur de l’Académie de Genève, mais le professeur Auguste de la Rive qui vous écrit en son propre et privé nom. Je le répète : promptitude et silence sont mes deux recommandations, dans l’espérance du oui qui nous rendrait si heureux

Agassiz reçut quelques mois plus tard l’offre officielle d’une chaire de professeur à Lausanne, proposition rendue plus séduisante encore par les sollicitations affectueuses de parents et d’amis qui le pressaient de céder à des raisons de famille et de patriotisme pour venir se fixer dans son canton d’origine. Mais il avait jeté son dévolu sur Neuchâtel et il était invulnérable à tous les arguments. Il resta fidèlement attaché au poste qu’il avait choisi, jusqu’au moment où il le quitta pour se rendre en Amérique,

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