‹ Louis AgassizChapitre 108 sur 387 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

croyant alors qu’il s’agissait seulement d’un séjour temporaire. Les habitants de sa ville adoptive lui témoignèrent en ces termes leur reconnaissance de la fidélité dont il avait fait preuve envers eux.

* Louis Coulon 1 à Louis Agassiz.

Neuchâtel, 19 mars 1838.

Nous sommes touchés de votre récente et généreuse décision. Vous avez refusé les offres très avantageuses de différentes Universités et Académies étrangères pour rester dans une ville que votre présence honore. Aussi, après avoir communiqué aux chefs de l’administration dont nous dépendons, ainsi qu’à certains membres influents de notre gouvernement, cette décision si précieuse pour nous et si désintéressée de votre part, nous a\ ons jugé convenable de vous offrir, comme témoignage de notre estime personnelle, une marque de la reconnaissance que nous éprouvons, reconnaissance qui est partagée pai nos concitoyens, touchés comme nous de votre décision. Nous avons donc l’honneur de vous annoncer que nous mettons à votre disposition la somme de deux mille francs de France annuellement, pour trois années successives à dater de ce jour. Nous osons espérer que "s ous accepterez cette somme comme un témoignage de la vive et sincère reconnaissance d’un grand nombre de nos concitoyens qui se sont empressés d y contribuer . Cela ne pourra jamais servir de compensation pour les services que vous avez rendus volontairement en notre faveur; mais vous ne devez pas douter de la réalité de rattachement et de la profonde estime qu’éprouvent pour vous les amis qui prennent la liberté de vous l’offrir

1 Au nom de la Commission d’éducation.

ACtASSIZ A NEUCHATEL. LITHOGRAPHIE

L’été de 1837 fut triste pour Agassiz et pour sa famille; son père, encore dans la force de l’âge, mourut à Concise, emporté par une fièvre. Le joli presbytère, auquel on s’était tant attaché, passa en d’autres mains et dès lors Madame Agassiz séjourna alternativement chez l’un ou l’autre de ses enfants.

En 1838, Agassiz fonda à Neuchâtel un atelier de lithographie qui, pendant plusieurs années, fut sous sa direction. Jusqu’alors ses planches avaient été lithographiées â Munich, mais, à une telle distance, leur exécution entraînait des ennuis continuels et quelquefois une grande perte de temps et d’argent, causée par l’expédition et le retour des épreuves. L’idée d’établir â ses risques et périls une presse lithographique, était certainement imprudente pour un homme sans fortune; mais Agassiz espérait pouvoir faciliter ainsi ses propres publications et en perfectionner l’exécution. Soutenu d’un côté par la générosité de plusieurs personnes et de l’autre par les efforts de son fondateur, l’établissement lui dut presque exclusivement le développement de son activité.

Agassiz eut la bonne fortune de s’assurer la coopération d’un artiste lithographe très capable, M. Hercule Nicolet, qui avait déjà une grande expérience dans l’exécution des objets d’histoire naturelle et qui, en particulier, connaissait bien l’art nouvellement découvert de la chromolithographie.

foutes ces entreprises étaient menées de front; outre ses occupations comme professeur, Agassiz publiait à la fois ses « Poissons fossiles », ses « Poissons d’eau douce » et ses « Recherches sur les Éehinodermes et les Mollusques»; les planches de ces

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