‹ Louis AgassizChapitre 146 sur 387 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

demandez comment je compte terminer mes « Poissons fossiles ». Voici mes projets. Dès que j’aurai achevé le cahier des espèces de « l’Old Red », je veux terminer le cadre général de l’ouvrage, comme je l’ai fait au IVmevol., afin que l’arrangement et les caractères de toutes les familles des quatre ordres puissent être étudiés dans leurs affinités zoologiques avec leurs genres et les principales espèces. Mais comme ce cadre ne pourrait plus embrasser les espèces innombrables que je connais maintenant, je veux reprendre monographiquement les espèces des différentes formations géologiques, dans l’ordre des terrains, et publier autant de suppléments qu’il y a de grandes formations, riches en poissons fossiles. Je me bornerai à énumérer les espèces déjà décrites dans le corps de l’ouvrage, en ajoutant seulement la description des espèces nouvelles de chaque terrain et les additions que j’aurai à faire pour les espèces déjà connues.

De cette manière, ceux qui voudront étudier les poissons fossiles au point de vue zoologique, pourront se borner à parcourir l’ouvrage dans son arrangement primitif, et ceux qui voudront les étudier dans leurs rapports géologiques pourront s’en tenir aux suppléments. Au moyen de registres doubles ajoutés à la fin de chaque volume, ces deux parties distinctes de 1 ouvrage seront de nouveau réunies en un tout complet. C’est le seul plan qui me permette de publier successivement tous les matériaux que je possède sans devenir à charge à mes premiers souscripteurs, qui seront libres de ne pas accepter les suppléments. Si vous avez l’occasion de communiquer cet arrangement aux amis de l’ichthyologie fossile, veuillez le faire; je crois qu’il pourrait être dans l’intérêt de la chose que cela fût connu...

Mon intention est de reprendre avec un nouveau zèle mes recherches sur les poissons fossiles, dès que je serai

AGASSIZ AU GLACIER DE l’aAR

de retour d’une dernière excursion que je ferai en juillet et en août au glacier de l’Aar, où je compte terminer définitivement mes travaux sur ce sujet.

Vous apprendrez sans doute avec satisfaction que le beau baromètre que vous m’avez donné a été mon fidèle compagnon dans les Alpes... J’ai aussi le plaisir de vous annoncer que le roi de Prusse m’a fait un fort beau cadeau, de près de deux cents livres sterling, pour poursuivre mes recherches sur les glaciers, en sorte que j’ai presque la certitude de pouvoir achever pendant cette campagne ce qu’il me reste à faire....

La campagne de 1842 s’ouvrit le 4 juillet. Le bloc erratique, ayant cessé d’offrir un abri sur, avait été remplacé par une cabane en bois, couverte de toile1 Il. S’il y avait lieu de regretter la hutte pittoresque sous le rocher, on trouvait quelque dédommagement dans le confort relatif de la nouvelle cabane. Elle était divisée en plusieurs compartiments; au

1 En prenant congé du bloc erratique qui fut le premier « Hôtel des Neuchâtelois », mentionnons encore le sort qu’il eut plus tard.

Il avait commencé à se fendre en 1841 et se brisa entièrement en 1844, puis le gel et les intempéries achevèrent de le désagréger. Cdiose étrange, quelques-uns de ses fragments, ayant encore les noms des compagnons d’Agassiz, furent retrouvés pendant l’été de 1884, entre autres un morceau portant des noms et la marque n° 2. Suivant le rapport qui mentionne ce fait, la pierre du milieu, sur laquelle était inscrit le n° 2, se trouvait au point d’intersection de deux lignes tirées, l’une du pavillon Dollfus au Scheuchzerhorn et l’autre du Rothhorn au Thierberg. D’après les mesurages exécutés en 1840 par Agassiz, l’Hôtel des Neuchâtelois était à 797 mètres du promontoire de l’Abschwung. En consultant la grande carte du glacier de Wild et Stengel, nous pouvons comparer la position actuelle de cette pierre avec celle qu’elle occupait autrefois et calculer la marche du glacier, depuis l’époque en question. Ce bloc erratique est donc encore de quelque utilité pour la continuation des travaux commencés par ceux auxquels il avait jadis servi d’abri.

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