‹ Louis AgassizChapitre 162 sur 387 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Le professeur Adam Sedgwick à Louis Agassiz.

Traduit de l’anglais.

Trinity College, Cambridge, 10 avril 1845.

Mon cher Professeur,

L’Association britannique se réunira ici vers le milieu de juin, et j’espère qu’à cette occasion vous reviendrez en Angleterre et que vous m’accorderez le grand bonheur de vous recevoir au collège de Trinity. En effet, je désire extrêmement vous voir, car bien des années se sont maintenant écoulées, depuis que je n’ai eu ce plaisir. Que Dieu préserve longtemps votre vie employée à nous faire avancer vers les grands buts de la vérité et de la science ! J’ai à présent devant moi votre grand ouvrage sur les « Poissons fossiles » et je possède aussi la première livraison de votre « Monographie des poissons du vieux grès rouge ». J’espère que les nouvelles livraisons suivront rapidement la première. J’aime à trouver de temps en temps un repos d’esprit et vos ouvrages me le procurent toujours.

Les opinions de Geoffroy Saint-Hilaire et de sa sombre école, paraissent gagner du terrain en Angleterre. Je les déteste, parce que j’envisage qu’elles sont fausses. Elles excluent tout argument d 'intention et toute notion d’une Providence créatrice; en cela, elles me paraissent dépouiller la physiologie de sa vie et de sa force et priver le langage de sa beauté, ainsi que de sa signification. Mes idées sont autant froissées par le pathos ampoulé et mystique de Geoffroy, que par son matérialisme froid et irrationnel. Quand les hommes de son école parlent des affinités électives des types organiques, j’entends un jargon que je ne puis comprendre et je m’en éloigne avec

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