‹ Louis AgassizChapitre 17 sur 387 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Après Alexandre Braun, le plus intime ami d’Agassiz à Heidelberg était. Karl Schimper, jeune botaniste promettant beaucoup et également ami de Braun; ces trois étudiants devinrent bientôt inséparables. Dans les notes de Braun, nous voyons combien il était, ainsi que Schimper, frappé des « aptitudes si variées d’Agassiz, de son naturel brillant, ouvert et simple comme celui d’un enfant, de son zèle pour la science, de ses connaissances étendues dans la zoologie et de sa grande facilité pour les langues ».

Agassiz avait à l’Université bien des amis, outre ceux que nous venons de mentionner et qui ont eu de l'influence sur son avenir. Il avait un caractère trop aimable pour ne pas être un bon camarade, particulièrement pour ses jeunes compatriotes dont plusieurs se trouvaient à Heidelberg. Les Suisses y avaient leur cercle et leur salle de gymnastique, où Agassiz se distinguait dans tous les exercices du corps ainsi que dans l’escrime.

Parmi ses professeurs de Heidelberg, le zoologiste Leuckart était peut-être le plus entraînant. Ses cours, pleins de suggestions originales et de hardies hypothèses, amusaient souvent ses auditeurs et tenaient continuellement leur attention en éveil, si bien que, cédant aux sollicitations de ses élèves les plus distingués, il dut leur donner, aux dépens de ses propres convenances, un cours supplémentaire sur certains groupes d’animaux, et comme ce cours ne pouvait avoir lieu qu’à sept heures du matin, les étudiants étaient parfois obligés d’aller tirer leur professeur hors du lit. Le fait, qu’ils agissaient ainsi sans façons, prouve du moins les bonnes relations qui existaient

AGASSIZ A HEIDELBERG

entre maître et élèves. Nos jeunes amis avaient également d’excellents rapports avec le botaniste Bischoff, qui lit avec eux des excursions agréables et utiles et auquel ils durent leur remarquable habileté dans le maniement du microscope.

Les cours de Tiedemann étaient très instructils et Agassiz parlait toujours avec admiration et avec un respect affectueux de son vieux professeur d anatomie et «le physiologie qui n’était tontetois pas un maître entraînant; bien qu’excellent ami des étudiants, ceuxci n’avaient pas avec lui des relations personnelles aussi intimes qu’avec Leuckart et Bischoll 1 . Quant au paléontologiste Broun, son enseignement leur fournissait beaucoup de connaissances spéciales, mais il était plus minutieux dans les détails que riche en idées; aussi Agassiz et ses deux compagnons furent-ils heureux lorsque le professeur, lorcé d abréger son cours, les invita à visiter sa magnifique collection de fossiles au moyen desquels il put développer son sujet d’une manière générale et pratique2. Parmi les professeurs de médecine, Nâgeli était le plus intéressant, quoique, grâce à sa réputation, Chelius attirât un auditoire plus considérable. Quand les cours manquaient d’intérêt, nos jeunes natura-

1 Ces détails sur la vie d’étudiant des deux amis et de leurs professeurs à Heidelberg, ont été fournis principalement par Alexandre Braun, dans les dernières années de sa vie, et après la mort d’Agassiz. On lui doit aussi une grande partie des renseignements que nous donnerons plus tard sur les professeurs de Munich en 1832.

2 Cette collection fut achetée en 1859 par le Musée de zoologie comparée de Cambridge (États-Unis) et Agassiz eut alors le plaisir d’illustrer son enseignement à l’aide des mêmes spécimens qui avaient servi à ses premières et importantes études paléontologiques.

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