‹ Louis AgassizChapitre 18 sur 387 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

listes y suppléaient par une étude intelligente et infatigable de la nature et cherchaient à satisfaire par tous les moyens en leur pouvoir leur soif de science.

Agassiz ne pouvant pas aller en Suisse pendant ses vacances à cause de la distance et des frais du voyage, prit bientôt l’habitude de passer ce temps chez son nouvel ami de Carlsruhe, où il trouva une vie de famille parfaitement en rapport avec ses goûts et ses besoins scientifiques. La maison, quoique simplement tenue, était riche en livres, on y faisait de la musique et on y trouvait tout ce qui peut nourrir l’esprit et l’imagination. Elle était située près d’une des portes de la ville donnant sur une vaste forêt de chênes, où nos naturalistes pouvaient trouver d’ainples sujets d’étude. Certaines chambres, du côté du jardin et en dehors du bruit de la rue, étaient consacrées à la science; dans l’une d’elles se trouvait la riche collection de minéraux de M. Braun père et, à côté, les laboratoires de ses fils et de leurs amis, dont les tables étaient couvertes d’objets de toute espèce, de plantes, d’herbiers, de microscopes et de livres. C’est là qu’ils apportaient leurs trésors, qu’ils dessinaient, étudiaient, disséquaient, arrangeaient leurs spécimens et discutaient les théories en effervescence dans leurs jeunes têtes, sur la croissance, l’organisation et les relations des animaux et des plantes L

De cette maison, qui devint un second home pour Agassiz, il écrivait à son père pendant les fêtes de Noël 1826 :

1 Voir le Biographical Memoir of Louis Agassiz, par Arnold Guyot dans le « Bulletin de l’Académie Nationale des États-Unis ».

AGASSIZ A HEIDELBERG

Tu ne sais pas tout le bien que cela tait de se sentir

aimé de parents comme vous! Mon bonheur serait paifait si je n’étais poursuivi par cette idée pénible, que je vis des privations de mes parents, et pourtant, il m est impossible de faire moins de dépenses. Tu m ôterais du cœur un poids bien lourd, si tu pouvais taire un arrangement avec mon oncle de Neuchâtel pour qu il payât pour moi; je suis sûr que lorsque j’aurai fini mes études, je pourrai facilement gagner assez pour le rembourser. Dans tous les cas je suis convaincu que vous ne pouvez pas tout payer d’abord; c’est pourquoi tu me ferais le plus grand plaisir du monde, si tu me disais franchement quelles sont nos ressources pour payer ma dépense, car avant que je le sache, je ne serai pas tranquille. Du reste je vis content de moi-même et bien portant et je puis dire, sans me faire illusion, qu’à Heidelberg je n’ai rien fait dont j’eusse à me repentir; je travaille toujours autant que je peux et je crois que tous les professeurs sont contents de moi.

Son père était également satisfait de sa conduite et de ses progrès, car à peu près à cette époque, il écrivait à l’un de ses amis : « Nous avons les meilleures nouvelles de Louis ; courageux, laborieux et sage, il chemine honorablement et vigoureusement vers le but qu’il a en vue, celui d’obtenir le brevet de docteur en médecine et en chirurgie. »

Au printemps de 1827, Agassiz prit la lièvre typhoïde qui régnait à Heidelberg et sa vie lut en danger pendant bien des jours. Aussitôt qu il put être transporté, Alexandre Braun l’emmena chez lui à Carlsruhe, où il fut tendrement soigné par la mère de son ami. Pendant sa convalescence, on lui cou-

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