CHAPITRE XII
« table, dans les promenades après le travail de la « journée et dans les salons où nous fûmes invités, « Agassiz, beau et débordant de vie et d’intelligence, « était le point de mire de tous les regards, le centre « des conversations ; il semblait être le roi de la fête. « Notre joie aurait été bien troublée, si nous avions « pu prévoir qu’il nous serait sitôt ravi.
« Le passage suivant d’un discours prononcé par le « vénérable professeur Cellérier à ce même banquet, « nous paraît résumer, on ne peut mieux, la disposi- « tion des esprits et des cœurs à l’égard d’ Agassiz :
« Je voudrais redire tous les noms de ces savants « qui sont autant de titres de gloire pour la Suisse. « Ne le pouvant pas, je désignerai du moins à votre « reconnaissance celui de l’illustre étranger, de ce « Nestor de la géologie, qui est venu de Berlin ap- « porter à notre fête l’éclat de sa haute renommée, le « tribut de son vaste savoir. M. L. de Buch a droit à « cette distinction; elle n’est qu’un bien faible témoi- « gnage des sentiments que fait naître sa présence au « milieu de nous.
« A ce nom célèbre, Messieurs, je vous demande « la permission d’en ajouter un autre, un seul, auquel « sa valeur scientifique et des circonstances particucc lières doivent bien mériter à vos yeux ce juste pri- « vilège. C’est celui de l’habile et aimable professeur « de Neuchâtel, celui de M. Agassiz, qu’un voyage « lointain va séparer de nous pour longtemps. Que « toutes nos sympathies l’accompagnent dans l’expé- « dition que lui fait entreprendre le nohle amour de « la science ; qu’elles lui soient un encouragement, « un appui, une consolation dans les difficultés et les