AGASSIZ A GENÈVE
« périls qui l’attendent peut-être. Puisse la Providence « veiller sur lui et le rendre bientôt à nos vœux et à « notre affection ! Alors, Messieurs, notre souvenir « qui l’aura suivi dans toutes les vicissitudes de son « voyage, qui l’aura soutenu dans ses mauvais jours, « le ramènera parmi nous, riche de faits et d’observa- « tions, chargé d’un butin précieux, dont il nous fera « généreusement part, et qui ajoutera un lustre nou- « veau à celui que notre patrie lui doit déjà. »
Retenu en particulier par les démarches relatives à son remplacement, il resta encore une partie de l’hiver à Neuchâtel et ne se rendit à Paris que la première semaine de mars 1846. Sa femme et ses deux filles étaient déjà parties pour Carlsruhe, où elles comptaient rester pendant son absence sous la protection de son beau-frère, M. Alexandre Braun, tandis que son lils Alexandre poursuivait ses études au collège de Neuchâtel.
Ce fut à deux heures du matin qu’Agassiz quitta la ville dans laquelle il avait séjourné pendant tant d’années. La tristesse était générale et les témoignages d’affection et de respect lui furent prodigués. Les étudiants vinrent en procession avec des flambeaux lui donner une sérénade d’adieu, et un grand nombre de ses amis et de ses collègues l’entourèrent alors pour prendre congé de lui. M. le professeur Louis Favre dit à ce sujet dans sa biographie d’Agassiz :
« Grand fut l’émoi à Neuchâtel, lorsque le bruit se « répandit qu’Agassiz allait nous quitter pour un long
« voyage 11 promettait bien de revenir, mais le
« Nouveau Monde lui prodiguerait tant de merveilles, « qu’on n’osait guère compter sur son retour. Les