‹ Louis AgassizChapitre 180 sur 387 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

çais. 11 aurait été souvent embarrassé sans sa grande simplicité; ne pensant qu’à son sujet et jamais à luimème, lorsqu’un arrêt critique survenait, il attendait patiemment le mot qui lui manquait et presque toujours il trouvait une phrase expressive, sinon grammaticalement correcte. Il a souvent dit plus tard que sa seule préparation pour ses cours était de s’enlermer pendant des heures. pour étudier son vocabulaire, en passant en revue tous les mots anglais dont il pourrait avoir besoin. Gomme Lyell l’avait prédit, l’accent étranger d’Agassiz ajoutait plutôt du charme a sa parole et les arrêts mêmes, pendant lesquels il semblait réclamer l’indulgence de ses auditeurs, tandis qu il cherchait à traduire sa pensée, lui gagnaient les cœurs; aussi leur sympathie 11e lui lit-elle jamais défaut.

Son habileté à dessiner à la craie, sur le tableau noir, lui fournissait le meilleur complément de sa parole. Quand son anglais lui faisait défaut, il expliquait sa pensée par des dessins si exacts, si éloquents qu’on 11e s’apercevait presque plus de l’absence du mot. Il disait, à ce propos, qu’il n’était point dessinateur et que si ses dessins étaient corrects, c’était uniquement parce que l’objet était parfaitement clair dans son esprit. Quoi qu’il en soit, c’était un plaisir d’observer l’effet que produisaient ses croquis sur l’auditoire. Lorsque Agassiz, par exemple, démontrait le rapport du type des articulés dans son ensemble avec les métamorphoses des insectes de l’ordre le plus élevé, il conduisait ses auditeurs par les phases successives du développement des insectes, parlant en dessinant et dessinant en parlant, jusqu’à ce que tout à coup la créature ailée apparût bien définie sur le

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