‹ Louis AgassizChapitre 181 sur 387 · AGASSIZ A BOSTON · texte numérisé non relu

AGASSIZ A BOSTON

tableau noir, comme si, à ce moment même, elle fût sortie de sa chrysalide; alors éclataient les applaudissements enthousiastes du public dont l’intérêt avait progressé graduellement.

Dès sa première conférence à Boston, son succès ne fut plus douteux; il captivait son auditoire. Sa manière d’envisager le règne animal d’après la méthode comparative, montrant les grands types dans leurs relations entre eux et avec l’histoire physique du monde, était nouvelle pour ses auditeurs. Agassiz avait aussi le rare talent de dépouiller son sujet des détails techniques et superllus qui l’auraient obscurci. Cette simplicité de forme et de langage était particulièrement appropriée à un public peu initié aux faits et à la nomenclature de la science, quoique animé du désir de s’instruire.

Donnons ici quelques détails sur le genre d’auditoire qu’Agassiz avait trouvé à l’Institut Lowell. L’intention du fondateur avait été d’éclairer les masses, plutôt que d’instruire un public d’élite. Il l’avait libéralement dotée; l’entrée en était gratuite et les billets tirés au sort; par conséquent, les ouvriers et les ouvrières avaient autant de chance que leurs patrons d’obtenir des places. Comme ces cours étaient largement rétribués et que le privilège de les donner était ambitionné par les hommes les plus éminents dans la littérature et les sciences, il en résultait que l’instruction était de premier ordre, et que les gens les plus cultivés, les personnes du monde, aussi bien que le peuple, s’estimaient fort heureux d obtenir un de ces billets d’entrée qu’on ne pouvait se procurer en payant.

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