‹ Louis AgassizChapitre 182 sur 387 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Cet auditoire, composé d’éléments très mélangés et d’après des principes purement démocratiques, eut, dès le début, un attrait particulier pour Agassiz. Pédagogue dans toute la force du terme, il cherchait et trouvait des élèves dans les différentes classes de la société; aussi ce fut une joie pour lui d’être mis, dès son arrivée en Amérique, en contact avec le peuple, et ce fait contribua beaucoup à le tixer dans ce pays. Le secret de sa puissante inlluence se trouvait dans la nature sympathique de son caractère. Son amour pour l’humanité entretenait chez lui comme un feu intérieur. C’est par là qu’il savait exciter l’enthousiasme de ses auditeurs pour les sujets les plus nouveaux, inspirer à ses élèves un désintéressement égal au sien, charmer les enfants à l’école, gagner enfin, en vue du but élevé de la science, l’intérêt cordial et la coopération de toutes les classes, riches ou pauvres, de la société.

Son premier cours ne devait commencer qu’en décembre; il profita donc de quelques semaines qu’il avait à sa disposition, pour faire un court voyage et visiter à New-Haven le vieux professeur Silliman, avec lequel il correspondait depuis longtemps. Peu avant de quitter l’Europe, Agassiz lui avait écrit : « Je puis à « peine vous dire combien je me réjouis de vous voir « et de faire la connaissance personnelle des savants « distingués de votre pays, dont j’ai étudié dernièrec( ment les travaux avec un intérêt particulier. Il y a « quelque chose de captivant dans l’activité prodigieuse « des Américains et la pensée d’entrer en relations « avec les hommes supérieurs de votre jeune et glo- « rieuse république, renouvelle ma propre jeunesse. »

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