‹ Louis AgassizChapitre 190 sur 387 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

11 existe en outre à Washington un bureau topographique où s’exécutent des cartes magnifiques du relevé des côtes et des ports, dont s’occupe maintenant le corps des ingénieurs de la marine. M. Bâche, l’ingénieur en chef, était en campagne, en sorte que je n’ai pu lui remettre les lettres que j’avais pour lui, mais j’ai vu le colonel Abert, qui est à la tête du bureau et qui m’a donné sur les contrées de l’Ouest d’excellents renseignements, qui me seront utiles lorsque je m’y rendrai. Je lui dois en outre une série de documents imprimés par les ordres du gouvernement sur le haut Missouri et le Mississipi, la Californie et l’Orégon, et une collection de coquilles d’eau douce de ces contrées. Je désirerais lui offrir en échange les feuilles de la carte fédérale qui ont paru. Je prie Guyot de me les envoyer, dès qu’il en trouvera l’occasion.

Devant être de retour à Boston à jour fixe, j’ai dû remettre à une autre époque mon voyage à Richmond, a Charleston et au Sud. J’avais du reste recueilli suffisamment de matériaux pour souhaiter quelques semaines de tranquillité, afin de pouvoir les mettre en ordre. En revenant à Philadelphie, j’y fis la connaissance de M. Haldeman, auteur d’une monographie des coquilles d’eau douce des États-Unis, auquel j’avais donné rendezvous, 11e pouvant faire, pour aller le voir chez lui, cinquante lieues en dehors des lignes ordinaires de communication. C’est un naturaliste très distingué, également versé dans plusieurs branches de notre science. Je lui dois, en outre, d’être entré en relations avec un jeune naturaliste de l’intérieur de la Pensylvanie, M. Baird, professeur à l’Université de Carliste, et qui possède des collections très étendues d’oiseaux et d’autres animaux du pays, dont il m’a offert des doubles.

Je désirerais à cette occasion, pour pouvoir faire plus promptementbeaucoup d’autres acquisitions, que M. Coulon

AGASSIZ EN AMERIQUE

m’envoyât, à la fin de l’hiver, tout ce qu’il pourra se procurer d’oiseaux communs d’Europe, de nos petits mammifères et quelques peaux de chamois, et qu’il joignît à cet envoi les poissons que Charles a mis en réserve pour moi avant son départ. Le mieux serait de les envoyer à Auguste Mayor.

Ici, je me séparai de mon compagnon de voyage, M. Gray, qui devait se rendre plus directement chez lui. De Philadelphie, MM. Haldeman et Lea m’accompagnèrent à Bristol, chez M. Vanuxem, qui aune collection très considérable de fossiles des terrains anciens et qui m’a promis des doubles de tout ce qu’il possède. M. Vanuxem est l’un des géologues officiels de l’État de New-York et l’auteur d’un volume sur la géologie de ce pays, dont j’aurai à vous parler tout à l’heure.

Pour gagner du temps, je fis la route de Bristol à New- York par un train de nuit et j’arrivai chez Mayor à minuit; je lui avais écrit pour le prier de m’attendre. Dès le lendemain, je visitai le marché, et en cinq jours je parvins à remplir un grand baril de différentes espèces de poissons et de tortues d’eau douce; je fis en outre plusieurs squelettes et différentes dissections de mollusques. Quelle ressource pour un naturaliste qu’un marché dans un port de mer comme New-York ! Chaque matin, Auguste Mayor m’accompagnait au marché avant d’aller à son bureau et m’aidait à traîner mon panier quand il était trop plein. Un jour, j’ai rapporté vingt-quatre tortues pêchées d’un seul coup de filet; j’en ai fait quatre squelettes et disséqué plusieurs autres. Dans ces circonstances, la journée devrait avoir trente-six heures ouvrables.

Désirant employer mon temps le plus utilement possible, ce ne fut qu’à la veille de mon départ que je fis quelques visites aux savants de la ville et que je remis mes lettres de recommandation, de manière à éviter toute

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