‹ Louis AgassizChapitre 200 sur 387 · CHAPITRE XIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY

collections assez intéressantes que je vais envoyer au Muséum, et qui vous prouveront que j’ai cherché à n’oublier personne et à remplir de mon mieux les promesses que j’ai faites avant mon départ.

Pendant l’été de 1847, Agassiz s’établit dans une petite maison de East-Boston, située près de la mer et dont il lit une station commode pour y rassembler des collections marines. Plusieurs de ses anciens compagnons 'd’étude se groupèrent autour de lui, et cet endroit, comme toutes les maisons qu’il avait habitées, devint bientôt une ruche pleine d’activité. Parmi ses principaux collaborateurs, citons le comte François de Pourtalès, son compagnon de voyage en Amérique, M. Edouard Desor, qui les rejoignit peu après leur arrivée, et M. Jacques Burkhardt qui les avait précédés et qui était le dessinateur en chef. Aux travaux de M. Burkhardt s’ajoutèrent bientôt ceux de M. A. Sonrel, l’excellent artiste lithographe qui a illustré les ouvrages les plus importants publiés dès lors par Agassiz. A une habileté consommée dans son art, il joignait une vive et intelligente perception des formes structurales, au point de vue du naturaliste, ce qui donnait une double valeur à son travail. Outre les personnes que nous venons de mentionner, plusieurs autres prenaient part à leurs travaux, soit dans une branche, soit dans une autre.

Il faut convenir que cet établissement, très original, avait plutôt l’apparence d’un laboratoire que d’une habitation, le confort domestique y étant subordonné aux convenances scientifiques. Chaque chambre était utilisée comme salle d’étude ou renfermait un aquarium, tandis que le grenier et la cave étaient ré-

AGASSIZ EN AMERIQUE

serves aux collections. Les règlements de la maison avaient assez d’élasticité pour satisfaire tous les goûts, et les heures des repas se prêtaient aux caprices des amateurs d’excursions; la seule règle inflexible était celle du travail.

Quant à Agassiz lui-même, il devait souvent s’absenter, car l’entretien de sa petite colonie reposait en grande partie sur lui. Pendant les hivers de 1847 et de 1848, tout en continuant ses cours à Boston, il donna des conférences dans toutes les grandes villes de l’Est, à New-York, à Alhany, à Philadelphie et à Gharleston. Partout il attirait des foules d’auditeurs et ceux-ci manquaient rarement de lui présenter quelque témoignage public de reconnaissance et de haute estime; des adresses rédigées par des étudiants, par des sociétés scientifiques et par de nombreux auditeurs ont été retrouvées dans ses papiers et attestent l’enthousiasme que son savoir avait éveillé. L’argent qu’il gagnait de cette manière lui permettait de poursuivre ses travaux et d’entretenir ses collaborateurs. Mais la tension que lui procuraient ces cours, jointe à la fatigue résultant de ses autres occupations, avait été une trop grande épreuve pour ses forces et, avant que l’année fût écoulée, il tomba sérieusement malade. Le Dr B.-E. Cotting, que sa position de membre du Comité de l’Institut Lowell avait mis en relations avec Agassiz, l’emmena alors chez lui à la campagne, oû il le soigna avec dévouement pendant tout le temps que dura sa pénible maladie; pour luiter sa convalescence, il faisait avec lui de petites excursions dans les environs, d’où ils revenaient chargés d’objets d’histoire naturelle, de fossiles, de [liantes, d’oiseaux.

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