CHAPITRE XV
rivière Charles et à l’enclroit où elle est traversée par le pont de P ri gh ton, se trouvait une vieille masure en bois, bâtie sur pilotis; elle avait probablement servi autrefois de maison de bain ou de hangar pour les bateaux. On autorisa Agassiz à y déposer ses collections; avec quelques casiers et une ou deux tables lixes pour les dissections, cet abri primitif devait tenir lieu de laboratoire. La chose mérite d’être mentionnée, car ce fut là le commencement du musée de zoologie comparée de Cambridge, considéré maintenant comme un des établissements les plus importants du monde entier.
Pendant l’été de 1848, Agassiz organisa une expédition qu’il dirigea complètement d’après ses idées, unissant l’instruction à l’observation sur place. Il avait pour compagnons un certain nombre d’étudiants, quelques naturalistes et des amateurs de voyages de ce genre. Leur but était d’explorer les côtes orientales et septentrionales du lac Supérieur, depuis le Sault Sainte-Marie jusqu’au Fort William, région alors peu connue des savants et des touristes. Le soir, autour du feu de bivouac, ou lorsqu’on était retenu, soit par le mauvais temps, soit par des circonstances imprévues, Agassiz donnait à ses compagnons des leçons courtes et simples, tantôt sur les forêts dont ils étaient entourés, sur les phénomènes erratiques du voisinage, sur les terrasses formant le rivage, ou encore sur les poissons du lac. Tout servait de salle de cours; le matériel consistait, en un tableau noir et un morceau de craie; quant aux illustrations et aux spécimens, on les avait sur place, partout où l’on faisait halte.
Le phénomène glaciaire, comme nous l’avons vu,