‹ Louis AgassizChapitre 211 sur 387 · AGASSIZ AU LAC SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

AGASSIZ AU LAC SUPÉRIEUR

s’était présenté à lui à chaque pas depuis son arrivée aux États-Unis, mais nulle part il ne l’avait trouvé plus distinct que sur les bords du lac Supérieur; aussi cette expédition lui otï'rit-elle le plus grand intérêt. A mesure que les preuves s’accumulaient a ses yeux, il était toujours plus convaincu que l’agent qui, partout dans le pays, avait modelé et entaillé les rochers et recouvert le sol d’une couche de débris jusqu’au bord de la mer, devait être le même que celui qui avait laissé des traces pareilles en Europe. Sur un continent composé d’immenses plaines et de surfaces uniformes, offrant par conséquent peu de centres d’action glaciaire, le phénomène se présentait sur une plus grande échelle et d’une manière plus régulière qu’en Europe. Mais les détails, jusqu’aux plus petits, étaient les mêmes, tandis que la régularité dans la distribution des blocs et leur circonscription bien définie ne permettaient pas d’attribuer de tels effets à des courants ou à des inondations. Ici, comme partout, Agassiz reconnut immédiatement toutes les phases du phénomène et put les reconstituer dans son esprit jusqu’à l’époque où une vaste calotte de glace recouvrait tout le pays, jusqu’à l’Atlantique, ainsi que nous le voyons encore actuellement sur les côtes du Spitzberg et de l’Océan arctique.

Il fit aussi un relevé géologique très exact du lac Supérieur et du système de digues qui a produit son bassin et les contours de ses rives; mais les habitants de ses eaux attirèrent peut-être encore plus l’attention d’ Agassiz que la configuration du terrain. En effet, la faune de ce grand lac l’intéressa vivement non seulement par sa variété et sa nouveauté, mais

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