‹ Louis AgassizChapitre 224 sur 387 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Voici de quoi i] s’agit. Il y a plusieurs récifs concentriques séparés par de profonds canaux; la péninsule de la Floride elle-même est formée par une succession de pareils récifs ; les marécages n’étant autre chose que des canaux comblés, tandis que les monticules formaient autrefois de petites îles intermédiaires, comme les îles de mangliers dans les canaux actuels. Mais, ce qui est très remarquable, c’est que ces récifs concentriques sont tous à la même hauteur au-dessus de la mer et qu’il n’y a aucun indice de soulèvement. Vous trouverez dans le journal de Silliman quelques observations de Tuomey sur les soulèvements; il y a là une grosse erreur, comme je le démontrerai. Les Tortugas sont un véritable atoll, mais qui s’est formé sans la moindre trace d’affaissement.

Il est clair que ceci ne porte pas du tout atteinte aux vues de Darwin, car tout le terrain dans son ensemble présente des traits particuliers. Je désire que vous lui en disiez quelques mots, ün des faits les plus remarquables des récifs des Tortugas, c’est la composition des roches ; elles consistent essentiellement en corallines, en algues calcaires, et, seulement à un faible degré, en coraux réels.

Le rapport d’Agassiz au Cocist Survey, sur les résultats de cette première investigation des récifs* de la Floride, ne fut pas publié en entier à cette époque. Les parties les plus importantes pour le Coast Survey , au point de vue pratique, furent introduites dans les cartes subséquentes de cette institution. Quant aux résultats plus généralement scientifiques, concernant l’histoire physique de la péninsule dans son ensemble, ils parurent sous différentes formes, avec les conférences d’Agassiz et furent imprimés quelques années

AGASSIZ. LETTRE A A. DE HUMBOLDT

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plus tard dans son ouvrage intitulé Methods of study. Le rapport original fut publié ensuite dans les « Mémoires du musée de zoologie comparée » par les soins d’Alexandre Agassiz, après la mort de son père. Il forme un volume in-quarto, contenant environ soixante pages de texte, avec vingt-deux planches représentant les coraux et leur structure, ainsi qu’une carte de la Floride méridionale avec ses récifs et ses îlots.

Cette expédition eut aussi une grande importance pour les collections d’ Agassiz et pour le musée de Cambridge récemment créé; elle devint le point de départ d’une collection très complète de coraux de toute espèce et à tous les degrés d’accroissement. On lui abandonna tous les spécimens, depuis les immenses blocs de corail et les éventails a branches jusqu’aux plus petits fragments de coraux, et les dessins faits sur place des animaux vivants augmentèrent encore considérablement la valeur de cette collection.

C’est à cette période qu’appartient la lettre suivante :

Louis Agassiz à Alexandre de Humboldt.

(Trad. de l'allemand.)

Sans date, probablement 1852.

.... Il s’est écoulé bien du temps depuis ma dernière lettre ! Si vous n’aviez pas été constamment dans mes pensées et si vos conseils n’avaient pas été toujours présents à mon esprit, je me reprocherais ce long silence, .l’espère que mes deux Mémoires sur les méduses, expé-

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