CHAPITRE XVII
station permanente pour des observations régulières et continuer ainsi une série de recherches, qui, reliées à ses propres études sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre et les régions voisines, ainsi que sur les récifs et les rivages de la Floride, auraient constitué un vaste champ de comparaisons. Mais il n’en fut rien. A la vérité, le Collège médical refusa d’accepter sa démission, lui accordant en meme temps une année de congé; toutefois, il devint bientôt évident que sa santé, sérieusement ébranlée, nécessitait un hiver passé dans le Nord, dont l'effet tonique devait agir sur son tempérament; malgré cela, elle ne redevint jamais ce qu’elle avait été auparavant. 11 passa à Cambridge l’hiver de 1854, s’accordant autant de tranquillité et de repos que ses occupations pouvaient le lui permettre.
Au mois de mai, il reçut des propositions de l’Université de Zurich, récemment créée ; ou le pressait d’accepter par patriotisme une chaire de professeur ainsi que la direction du musée, richement doté, de cette ville. Si séduisante que fût cette proposition, et malgré les grands avantages qui lui étaient offerts, Agassiz refusa. 11 avait une passion — le mot n’est pas trop fort — pour l’œuvre qu’il avait entreprise en Amérique et pour les espérances qu’il en concevait. Il pensait que, par ses propres elforts, unis à l’enthousiasme général qu’il avait éveillé pour la science et qu’il s’efforçait d’entretenir, il arriverait à créer aux États-Unis un musée selon ses désirs, musée qui ne serait pas seulement une vaste accumulation d’objets d’histoire naturelle, mais qui devait avoir par son arrangement même la valeur la plus haute au point