‹ Louis AgassizChapitre 239 sur 387 · AGASSIZ. LETTRE A J.-D. DANA · texte numérisé non relu

AGASSIZ. LETTRE A J.-D. DANA

bocaux qu’Agassiz leur fournissait pour recueillii , dans des ports plus ou moins éloignés, les objets d’histoire naturelle qui devaient être envoyés ensuite au musée de Cambridge. Une ou deux lettres, écrites à l’époque où paraissait la circulaire dont nous venons de parler, donneront une idée de la méthode employée par Agassiz pour des recherches de cette nature.

Louis Agassiz à James-D. Dana.

(Trad. de l'anglais.)

Cambridge, le 8 juillet 1853.

.... J’ai cherché dernièrement le moyen de découvrir jusqu’à quel point les animaux sont vraiment autochthones et jusqu’à quelles limites ils se sont étendus. Je veux entreprendre cette étude pour Long-Island, la plus grande des îles situées sur nos côtes. Pour le moment, je me bornerai aux poissons et aux coquilles d’eau douce et, pour les comparer, je tâcherai de recueillir soigneusement toutes les espèces qui vivent dans les rivières des États du Connecticut, de New-York et du New-Jersey, et je verrai alors si elles sont identiques à celles de Long-Island. Le résultat de ces recherches, quel qu’il soit, fournira des données intéressantes sur la distribution locale des espèces. Je suis presque certain qu’on en retirera quelque chose d’utile, car un fait important se rattache à cette localité; la surface actuelle de Long-Island n’est pas plus ancienne que la période du drift ; tous ses habitants, par conséquent, doivent y avoir été introduits depuis cette époque. Je ferai en sorte de me procurer des collections pareilles du cours supérieur du Connecticut, afin de

m’assurer, si, comme c’est le cas dans le Mississipi, les espèces diffèrent suivant les étages du bassin de la rivière

Agassi z au professeur S.-S. Haldeman à Colu?7ibia.

(Trad. de l'anglais.)

Cambridge, le 9 juillet 1853 .

.... En remontant le Mississipi, le printemps dernier, j’ai été frappé du fait remarquable que les poissons diffèrent notablement dans chacune des parties de ce long fleuve, fait que j’avais déjà observé dans le Rhin, dans le Rhône et dans le Danube, bien que là les variations provinssent essentiellement de la présence, dans les hautes régions alpestres, de représentants de la famille des truites, qui ne se retrouvent pas dans le cours principal. Dans le Mississipi, toutefois, le cas est d’une autre nature et devient très frappant, parce qu’à des latitudes differentes on trouve des espèces distinctes du même genre, à peu près comme on l’observe dans des bassins distincts. Ces poissons habitent la rivière dont le cours entier leur est accessible et cependant ils restent fixés, comme par un charme, dans les régions qui leur conviennent le mieux. On se pose aussitôt cette question : Nos petites rivières présentent-elles de semblables différences? .J’ai déjà pris des mesures pour obtenir des collections complètes de poissons, de coquilles et d’écrevisses des diverses régions du Connecticut, de l’Hudson et de leurs tributaires et j’aimerais beaucoup pouvoir comprendre dans mes comparaisons le Susquehannah, le Delaware et l’Ohio.

Mon but, en vous écrivant aujourd’hui, est de vous demander si vous pourriez m’aider à faire des collections bien distinctes et aussi complètes que possible de tous

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