‹ Louis AgassizChapitre 241 sur 387 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

frais de ses recherches scientifiques. Mais le printemps venu, il éprouva tout à coup, par suite de cet excès de travail, une faiblesse si grande et si inquiétante, qu’il devint nécessaire de recourir à d’autres moyens de faire face aux dépenses du ménage. Dans ces circonstances, sa femme et les deux aînés de ses enfants, alors en état de l’aider, eurent la pensée de fonder une école de jeunes filles à l’étage supérieur de sa maison. Si la chose réussissait, elle remplacerait avantageusement ses tournées de conférences qui non seulement fatiguaient le professeur mais interrompaient tout travail suivi. Ces projets furent concertés et discutés avec quelques amis avant d’être communiqués à Agassiz, et quand les conspirateurs lui révélèrent leur complot, sa joie fut sans bornes. La première idée avait été d’établir une école ordinaire, en lui laissant la tâche d’en diriger l’organisation générale et en profitant des conseils de sa grande expérience. Mais il réclama immédiatement un rôle actit dans cette entreprise à laquelle il ne tarda pas à donner des proportions plus amples, et ce fut sous son propre nom que parut la circulaire annonçant l’ouverture de l’école, avec ces mots à la suite du programme des cours : « Je surveillerai moi-même les « méthodes d’enseignement, et tout en maintenant « dans les études la régularité et la précision, si impor- « tantes dans l’exercice des facultés intellectuelles, je « tâcherai d’empêcher que la discipline indispensable « ne dégénère en une routine sans vie, meurtrière « pour l’esprit du maître aussi bien que pour celui « de l’élève. J’ai l’intention de me charger des leçons « de géographie physique, d’histoire naturelle et de

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