CHAPITRE XVII
et tout ce qui pouvait obscurcir les idées, mais il ne craignait pas d’aborder les sujets profonds et difficiles qu’il parvenait à faire comprendre, grâce à la clarté, à la simplicité de sa méthode et au charme de son exposition. «Ce que je désire pour vous, leur disait-il, « c’est une culture intellectuelle générale, fondée sur « des bases solides et susceptible de développements « ultérieurs. Mon intention n’est pas de vous enseigner « telle ou telle science spéciale; mon seul but est de « vous initier à la connaissance de la nature qui vous « entoure, et de vous donner une idée de la création « en vous en présentant les grands traits. » Il put aussi obtenir pour cette école la coopération de plusieurs professeurs de l’Université.
En passant rapidement en revue les cours donnés par Agassiz lui-même dans cette école privée, nous y voyons figurer : la géographie physique et la paléontologie, la zoologie, la botanique, les récifs de coraux, les glaciers, la structure et la formation des montagnes, la distribution géographique des animaux, leur succession géologique, leur croissance et leur développement, la philosophie de la nature, etc. Avec le secours de dessins, de cartes, de reliefs, de spécimens et d’innombrables illustrations sur le tableau noir, il rendait son sujet clair aux élèves et l’heure de ses leçons était attendue avec impatience comme la plus agréable de toute la matinée.
C’était, en effet, une fête et une récompense que d’assister aux cours du grand naturaliste; les élèves en parlaient avec enthousiasme dans leurs familles et les parents demandaient comme une faveur d’y prendre part. Les relations amicales commencées