CHAPITRE XVIII
toire situé au bord de la mer, sur la rive Nord-Est de Naliant et à un jet de pierre de rochers escarpés dont les profondes cavités lui fournissaient constamment des spécimens provenant d’aquariums naturels, qui se renouvelaient à chaque marée montante. Ce laboratoire et un petit cottage voisin, qui, pendant l’été, était occupé par sa famille et par celle du professeur Felton, lui avaient été donnés par son beau-père, M. Cary. On avait prévenu avec tant de sollicitude tous les désirs d’Agassiz que la table supportant son microscope se trouvait isolée sur une dalle fixée au sol même, afin qu’aucune secousse, occasionnée par des pas ou par l’ébranlement des portes et des fenêtres, ne pût le déranger dans ses observations.
C’est là qu’il poursuivait chaque été ses études sur les méduses depuis les espèces les plus petites et les plus mignonnes, telles que les Pleurobrachiées, les Idvas et les Bolinas, jusqu’aux énormes Cyanées avec leurs grands disques et leurs fortes tentacules de plusieurs mètres de longueur. Rien n’est plus charmant que les petites espèces de ces animaux gélatineux. Leur structure est si délicate, quoique bien définie, leur couleur si tendre et parfois si brillante, leurs tissus si transparents, qu’on chercherait en vain des termes de comparaison parmi la faune terrestre et qu’on serait tenté de croire que la nature a fait ses plus parfaits ouvrages pour la mer plutôt que pour la terre. Souvent on voyait des centaines de ces petites méduses flottant dans les bocaux dont le laboratoire d’Agassiz était toujours amplement pourvu. 11 était toujours facile de se procurer de nouveaux exem-