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CHAPITRE XVIII

1858, laissant par son testament un legs de cinquante mille dollars pour l’établissement d’un musée de zoologie comparée, à condition que cette somme ne serait employée ni à la construction du bâtiment, ni au paiement des employés, mais seulement aux besoins scientifiques du musée. Quoique ce legs ne contint aucune allusion aux collections déjà réunies à Cambridge, on en comprit bien le but, et son héritier, M. William Cray, transmit cette somme à l’Université d’Harvard avec la réserve que ni les collections, ni aucun des bâtiments destinés à les recevoir, 11e porteraient jamais d’autre nom que celui de « Musée de zoologie comparée de Harvard ».

Nous insistons sur ce point, parce qu’Agassiz luimême avait choisi ce titre en opposition à ceux qui voulaient l’appeler de son propre nom. Suivant lui,

1 œuvre étant impersonnelle, som nom 11e devait pas y être attaché. Malgré cela et son indifférence absolue pour un tel honneur, il 11e put s’y soustraire complètement. Le public l’identifia à son œuvre et, en dépit de sa dénomination légale, rebaptisa le musée du nom plus familier de « Musée Agassiz ».

Le legs de M. Gray eut une influence heureuse sous tous les rapports et stimula le zèle de chacun.

L Université s’empressa de fournir un terrain convenable et comme le fonds Gray ne pouvait être appliqué aux constructions, on s’adressa à la législature du Massachusetts qui accorda des terres pour uue valeur de cent mille dollars, à condition que les particuliers de leur côté, contribuassent aux frais dans une certaine proportion. La somme de soixante-onze mille cent vingt-cinq dollars, dépassant un peu celle

AGASSIZ. LE MUSÉE DE CAMBRIDGE

que la législature avait stipulée comme clause de sa participation, fut souscrite en peu de temps à Boston et à Cambridge. Àgassiz, en outre, lit don de toutes les collections qu’il avait recueillies depuis la vente qu’il avait faite quatre ou cinq ans auparavant, et qui représentaient à elles seules, en comptant seulement ses déboursés, une valeur de dix mille dollars. Les architectes, H. Greenough et G. Snell, fournirent gratuitement les plans. M. Greenough connaissait depuis longtemps les idées d’ Agassiz au sujet de la distribution de l’édifice, les points essentiels ayant été souvent discutés entre eux, de sorte que le plan lut bientôt terminé. Ces faits se succédèrent rapidement.

Le legs de M. Gray avait été rendu public en décembre 1858 et déjà au mois de juin 1859, on donnait le premier coup de pioche et l’on posait la premièie pierre du musée futur1.

Cet événement, si important pour Agassiz, eut lieu

peu de jours avant son départ pour 1 Europe. En effet, il s’était décidé à consacrer ses quelques semaines de vacances à une courte visite en Suisse. 11 s’arrêta quelques jours en Irlande et en Angleterre poui ievoir ses vieux amis, le comte d’Enniskillen et Sir Philip Egerton, et pour examiner de nouveau leurs

1 Le plan, tracé en vue des besoins présents et futurs du musée, comprenait un bâtiment principal de trois cent soixante-quatre pieds de longueur sur soixante-quatre de largeur, avec des ailes de deux cent cinq pieds de longueur sur soixante-quatre de largeur; le tout en forme de carré ayant une cour au milieu. La partie construite en 1859 et 1860 ne formait qu’une section de l’aile Nord, soit deux cinquièmes de la longueur totale et donnait amplement de place poui les besoins immédiats du musée. Dès lors, des adjonctions y ont été faites et on a achevé l’aile Nord. Quant au musée Peabody, il occupe la place qui lui a été assignée dans laile Sud.

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