CHAPITRE XIX
ne voudrait entendre parler un instant d’un compromis avec le gouvernement esclavagiste. Pourra-t-on se débarrasser de l’esclavage par la guerre ou par une proclamation d’émancipation, c’est ce que le Président lui-même ne sait sans doute pas encore.
Je ne pense pas que nous ayons besoin de plus d’argent que le pays n’est disposé à en donner volontairement. Les dons particuliers pour le confort de l’armée sont vraiment illimités. Une personne que je connais et qui ne passe pas pour une des plus riches de Boston, a déjà donné trente mille dollars et j’ai appris hier qu’un garçon de magasin avait remis au comité de secours toutes ses économies de plusieurs années, soit deux mille dollars, ne gardant absolument rien pour lui, et il en est ainsi partout. Nous avons naturellement des oiseaux de mauvais augure et des gens découragés, mais ils n’osent plus élever la voix; d’où je conclus qu’il n’y a pas moyen d’arrêter l’orage jusqu’à ce que, d’après le cours naturel des choses, l’atmosphère redevienne claire et pure.
Toujours votre fidèle ami
Depuis qu’il avait renoncé à son école et terminé son quatrième volume des « Contributions », Agassiz consacrait tout son temps et ses forces au musée : c’est du reste ce qu’il fit jusqu’à la fin de sa vie. Quoique 1 Etat et les particuliers lui vinssent généreusement en aide pour l’extension de l’établissement, les dépenses dépassèrent souvent les prévisions et, pendant la guerre surtout, il fut difficile de combler le déficit. Pour y remédier, Agassiz fit dans l’hiver de 1803 la plus grande tournée de conférences qu’il eût jamais entreprise; de Buffalo à Saint-Louis, il s’arrêta dans toutes les grandes villes et dans quelques-unes des