CHAPITRE XX
de laits. Je ne sais comment vous êtes arrivé à croire que j’avais déjà pris une décision relativement à l’avenir de la population de couleur. J’ai correspondu avec les fondateurs de la « Société cosmopolite pour la fusion des races humaines » en France, société fondée sur la théorie que le résultat de la lusion de toutes les races de la terre sera 1 homme partait. Je n’ai toutefois pas l’honneur de taire partie de cette société; je crois même qu’elle est à peine constituée. J’apprends en outre que quelques-uns de nos éminents adversaires de l’esclavage, dignes de respect pour leur zèle et leur talent, ont publiquement soutenu la doctrine de cette fusion, mais j’ignore sur quels motifs ils se fondent.
J estime, en effet, qu’en ceci comme en toute chose, nous devons faire ce qui est vraiment juste, sans nous inquiéter des conséquences. Si vous me demandez ce qui est juste, je répondrai qu’en morale, comme en mathématiques, il y a certaines vérités si simples qu’à première vue elles peuvent être admises comme axiomes par toute
personne intelligente et consciencieuse. Le droit de vivre est aussi évident que deux fois deux font quatre et personne ne le conteste. Le droit à la liberté et à la propriété honnêtement acquise est aussi clair et net pour un esprit éclairé que cinq fois six équivalent à trente; mais
les moins éclairés peuvent avoir besoin d’y réfléchir, de même qu’il leur faut des signes concrets pour se rendre
compte que cinq fois six font réellement trente. A mesure que nous nous élevons dans les chiffres et dans la morale, les perceptions intuitives deviennent de plus en plus faibles, et quoiqu’il y ait ici des vérités qui doivent être admises comme des axiomes, elles ne sont pas immédiatement vues et senties par les intelligences ordinaires.
Autant les droits des nègres et les devoirs des blancs sont évidents aux yeux des gens de bonne foi et d’une