AGASSIZ. CORRESPONDANCE AVEC EMERSON
En développant de toutes mes forces le musée et ses enseignements particuliers, je suis loin d’éprouver le désir égoïste de les voir dominer les autres branches d’étude. Je voudrais, au contraire, que chacun de mes collègues me rendit dure la tâche de lui tenir tète, et plusieurs, je suis heureux de le dire, sont prêts à lutter avec moi. Mais peut-être suis-je trop prompt à prendre les armes contre vous. Si je n’avais été appelé à New-Haven, il y a dimanche huit jours, pour les funérailles du professeur Silliman, j’aurais assisté à votre conférence. L’ayant manquée, il est possible que le passage en question m’ait été rapporté d’une manière inexacte. Dans ce cas, vous me pardonnerez, et quoi que vous ayez dit ou que vous n’ayez pas dit, croyez-moi toujours votre ami dévoué,
Ralph Waldo Emerson à Louis Agassiz.
(Trad. de l’anglais.)
Concord, le 13 décembre 1864.
Cher Agassiz,
Ne craignez pas que j’aie dit, ou pu dire, un mot peu bienveillant contre vous ou contre le musée, deux bénédictions, la cause et l’effet, pour lesquelles je remercie chaque jour le ciel ! Puissiez-vous l’un et l’autre prospérer et multiplier éternellement !
Je ne puis défendre mes conférences — ce sont des ravaudages grossiers, arrangés à la hâte — encore moins les comptes rendus qu’on en peut faire et que je ne me hasarde jamais à lire. Mais je puis vous dire le sujet de ma gronderie.
J’ai donné libre cours à ime vieille rancune pue depuis quarante ans je nourris contre le Collège, pour le gaspillage cruel de deux années de mathématiques, sans qu’on