‹ Louis AgassizChapitre 302 sur 387 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

11 est intéressant de voir, dans la lettre suivante, le vieux professeur Martius, de Munich, rappeler à propos de ce voyage d’Agassiz l’expédition qu’il avait faite lui-même au Brésil, presque un demi-siècle auparavant.

Le professeur Martius à Louis Agassiz.

(Trad. de l'allemand.)

Le 26 février 1867.

Mon cher ami,

Je vous remercie cordialement de votre lettre du 20 mars qui m’a fait le plus grand plaisir comme un témoignage de votre bon souvenir. Vous pensez bien que j’ai suivi votre voyage sur l’Amazone avec le plus vif intérêt et sans aucuh mélange d’envie, quoique vous ayez pu, quarante ans après moi, entreprendre votre expédition dans des conditions infiniment plus favorables. Bâtes qui a vécu onze ans dans ce pays-là, m’a déclaré que je n’avais jamais manqué de courage et d’activité pendant une exploration qui dura onze mois, et je crois en conséquence que vous aussi vous ne porterez pas un jugement défavorable en relisant la description de mon voyage. Les plus grandes difficultés que nous rencontrâmes étaient causées par les faibles dimensions de notre bateau ; il était si petit que la traversée des rivières offrait toujours du danger.

Je recevrai avec grand plaisir le récit détaillé de votre voyage et le plan de la route que vous avez suivie; j’espère que vous me les enverrez. Pouvez-vous me dire quelque chose des squelettes humains du Rio Saint-Antonio à Saint-Paul 1 Je suis bien aise de savoir que les palmiers aient attiré spécialement votre attention et je vous prie instamment de m’adresser les parties essen-

AGASSIZ. VOYAGE AU BRÉSIL

tielles de chaque espèce que vous envisagez comme nouvelle, car je désire terminer cette année les palmiers de la « Flora brasïliensis ». J’aimerais bien trouver dans le nombre quelque nouvelle espèce ou genre auquel je donnerais volontiers votre nom.

Avez-vous l’intention de publier un récit de votre voyage, ou vous bornerez-vous à un rapport renfermant vos observations sur l’histoire naturelle ? Dans le but d’expliquer les nombreux noms d’animaux, de plantes et de localités qui dérivent du langage Tapée, je me suis mis à l’étudier pendant des années, suffisamment pour pouvoir le parler. Vous avez peut-être déjà vu mon « Glossarium lignorum brasiliensium ». Il contient aussi onze cent cinquante noms d’animaux. Mes « Contributions ethnographiques », dont quarante-cinq feuilles sont imprimées et qui, j’espère, paraîtront l’année prochaine, se rattachent aussi à cet ouvrage. Je suis impatient de connaître vos conclusions géologiques. J’incline aussi à croire qu’avant les dernières catastrophes géologiques, il existait des hommes dans l’Amérique du Sud.

Comme vous avez vu beaucoup d’indiens de l’Amérique du Nord, vous pourrez donner des renseignements intéressants sur leurs rapports physiques avec ceux de l’Amérique du Sud. En qualité de secrétaire de la section de mathématiques et de physique, j’aimerais beaucoup avoir un court résumé de vos principaux résultats. Il serait inséré dans les procès-verbaux de nos réunions, ce qui vous serait d’autant plus agréable que ceux-ci paraissent avant toute autre publication.

Vous voyez, sans doute, de temps en temps notre ami Asa Gray. Rappelez-moi cordialement à son souvenir en lui disant que j’attends impatiemment une réponse à ma dernière lettre.

Pendant l’année 1866, nous avons perdu plusieurs botanistes distingués, Gusone, Mettenius, von Schlechtendal

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