‹ Louis AgassizChapitre 319 sur 387 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

ligence, fécondant tout ce qu’elle touchait, fut rendu plus vivant encore par les détails que lui dictaient son affection pour Humboldt, ses souvenirs et ses rapports personnels avec lui. Emerson, qui assistait à cette léte, déclara que « jamais Agassiz n’avait pro- « noncé un discours plus sage, plus heureux et d’une plus grande puissance. » G.-W. Gurtis écrivait à ce sujet : « Votre discours me paraît être l’idéal même « du genre, — si large, si simple, si sympathique, si « brillant, entrant si profondément dans la pensée de « Humboldt et faisant l’exposé de sa vie et de son « œuvre comme personne au monde, j’en suis sûr, « n’aurait pu le faire. »

En mémoire de cette fête, on fonda au musée de zoologie comparée la « bourse Humboldt ».

Il serait inutile de rechercher si cet effort, ajouté au travail de l’année, hâta l’attaque qui survint peu après et qui avertit Agassiz que son cerveau surmené ne pouvait plus supporter une aussi forte tension. Le premier accès, de peu de durée, affecta la parole et le mouvement, d’autres, de plus en plus faibles, suivirent; pendant des mois, il dut rester dans sa chambre et s’abstenir de tout effort intellectuel; les médecins lui défendaient même de penser. La lutte qu’il eut alors à soutenir contre lui-même fut des plus pénible, mais il lit preuve d’autant d’énergie pour forcer son esprit actif à se maintenir pendant quelque temps dans une inaction absolue, qu’il en avait mis auparavant à lui donner son plein essor. Malgré tout, il lui était impossible de bannir de sa pensée son musée, ce rêve passionné de sa vie en Amérique. Un jour, après avoir dicté quelques directions indis-

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