‹ Louis AgassizChapitre 320 sur 387 · AGASSIZ. ALTÉRATION DE SA SANTÉ · texte numérisé non relu

AGASSIZ. ALTÉRATION DE SA SANTÉ

pensables, il s’écria avec une sorte de désespoir : « Oh ! mon musée ! mon musée, toujours présent « à mon esprit, nuit et jour, malade ou en santé, « toujours, toujours ! »

Quelques années d’activité devaient cependant lui être encore accordées, récompense sans doute de sa patience et de ses efforts persévérants pour assurer sa guérison. Après un hiver passé dans une réclusion absolue, son médecin lui prescrivit, au printemps de 1870, un changement d’air dans le paisible village de Deerfield, au bord du Connecticut. La nature tut ici le meilleur médecin. Incapable à son arrivée de faire quelques pas sans être atteint de vertige, il put, au bout de quelques semaines faire des courses de plusieurs milles. Aussi habile qu’un égyptologue à lire les hiéroglyphes, il déchiffrait les inscriptions que la glace avait laissées et en suivait partout les traces. Le charme de ses premières études s’emparait de nouveau de lui et le rappelait à la vie.

Pendant ce temps, ses aides et ses élèves faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour maintenir le musée à la hauteur du plan qu’il en avait tracé. Les publications, la classification et l’arrangement des nouvelles collections, l’organisation des salles, les échanges, tout fut continué sans interruption. Le personnel du musée était devenu considérable et se composait en grande partie d’éléments indigènes. Agassiz avait peu à peu formé, de ses meilleurs élèves, un noyau d’aides qui connaissaient ses projets et partageaient ses idées et son enthousiasme. Il eut encore

la joie de voir plusieurs de ses jeunes amis, auxquels il était très attaché et dont il appréciait la sympathie

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