AGASSIZ. LETTRE DU PROF. DESHAYES
que je les achète, et pour les acheter, il me faudrait de l’argent. La demande d’argent a été faite à mes collègues, en assemblée, comme conclusion de la lecture de votre lettre; la réponse a été vague et incertaine. Il faut donc que je trouve des ressources d’un autre côté, et voici ce que
je me propose de faire Alors je m’occuperai de réunir
des collections authentiques de nos mers françaises, tant océanique que méditerranéenne, et même d’autres points des mers d’Europe. Maintenant, dans tout ce qui me viendra, de quelque côté que ce soit, votre part sera faite
Votre fils m’a appris que votre santé avait été assez gravement atteinte; j’en ai éprouvé une bien vive douleur. Soignez- vous, mon cher ami ; vous êtes nécessaire en ce monde; vous avez une grande œuvre à poursuivre; vous êtes seul capable d’atteindre le but. Il faut donc que vous soyez en état de rester bien des années encore sur la brèche.
Votre lettre qui m’expose toutes les innombrables richesses que vous offrez au muséum, me met dans l’état où s’est trouvé cet enfant auquel on permettait de choisir dans un magasin de jouets : « Je choisis tout », dit-il. Je pourrais vous répondre de même : je choisis tout ce que vous m’offrez. Il faut être raisonnable cependant, et je vous dirai ce que je désire le plus vivement pour le moment, et si cela vous est possible, c’est cette faune remarquable obtenue des grands fonds sur le trajet du Ckdf Stream. J’ajoute, pour vous mettre à l’aise, que tout ce que vous enverrez au muséum y sera bien reçu et avec ma vive et sincère reconnaissance.
Maintenant, adieu, mon cher ami; je vous serre la main avec la plus vive et la plus sincère amitié,
Deshayes.
La lettre suivante, par son ton affectueux, fit un plaisir tout particulier à Agassiz, bien que sa demande de moules de fossiles ne pût être satisfaite.