‹ Louis AgassizChapitre 328 sur 387 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

lettre de Brown-Séquard lui annonçant que vous étiez

tout à fait rétabli Maintenant, mon cher ami, j’ai une

proposition très sérieuse à vous faire. Je vais envoyer en Californie, dans le courant de l’été, un nouveau steamer en fer; il partira probablement à la fin de juin. Voulezvous vous y embarquer et faire en route les sondages à de grandes profondeurs ? Si oui, quels compagnons désirez-vous emmener avec vous? Si non, qui vous remplacerait ?

Louis Agassiz au professeur Peirce.

(Trad. de l’anglais.)

Cambridge, le 20 février 1871.

.... La perspective que m’offre votre lettre, me remplit de joie. J’irai sûrement, à moins que Brown-Séquard ne me donne l’ordre positif de rester sur terre ferme. Mais, même alors, j’aimerais contribuer à organiser l’expédition, car je sens qu’une occasion pareille de faire progresser la science en général et l’histoire naturelle en particulier, ne s’est pas encore présentée et ne se présentera pas de sitôt. J’aimerais que Pourtalès et Alex en fissent partie; l’un et l’autre en seraient très heureux Ils s’y intéressent autant que moi et je ne doute pas que nous puissions organiser entre nous un groupe d’explorateurs assez fort pour faire quelque chose de bien.

11 me semble que la meilleure manière de procéder serait de choisir d’abord avec soin, sur la côte, quelques points aussi nombreux que possible, à partir desquels on opérerait à angle droit et aussi loin que les résultats nous y engageraient. Ensuite, on avancerait jusqu’à un autre cap pour répéter les mêmes dragages. Si ce plan était adopté, il faudrait avoir aussi un aide chargé de faire des collections sur terre pour les comparer aux

AGASSIZ. VOYAGE DU HASSLER

résultats des dragages. Ce travail serait d’autant plus important qu’à l’exception du Brésil, on a peu de données sur la faune des côtes pour la plus grande partie de 1 Amérique du Sud. Pour ces collections, je proposerais volontiers un homme tel que le Dr Steindachner, qui a passé une année sur la côte du Sénégal, et qui pourrait nous fournir comme base de comparaison la connaissance qu’il possède de la côte opposée de l’Atlantique

Les médecins d’Agassiz déclarèrent qu’il pouvait sans danger entreprendre ce voyage qui serait même avantageux pour sa santé. Le groupe de naturalistes chargés de l’accompagner, se composait du comte de Pourtalès, du Dr Franz Steindachner et de M. Blake, jeune étudiant, adjoint en qualité de dessinateur. Le D1 Thomas Hill, ancien président de l’ Université Harvard, faisait aussi partie de l’expédition et bien qu’il se livrât à des recherches spéciales, il participait avec le plus vif intérêt à toutes les opérations. Le bâtiment était commandé par le capitaine (maintenant commodore), Philippe C. Johnson, dont la courtoisie et l’obligeance firent du Hassler pour ses hôtes un home tlottant. La part qu’il prenait, ainsi que ses officiers, au but scientifique de l’expédition, était si cordiale et si active qu’on pouvait tous les compter comme de précieux auxiliaires. Parmi eux se trouvait, en qualité de médecin et à titre d’aide scientifique, le D' White, de Philadelphie.

Les espérances enthousiastes d’Agassiz, à l’égard des résultats de ce voyage, ne se réalisèrent qu’en partie. Dans une lettre écrite à M. Peirce et publiée dans le Bulletin du musée, on lit : « Si ce

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