‹ Louis AgassizChapitre 34 sur 387 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

grand’chose ou plutôt rien du tout, car M. Martius, s’étant chargé des débours, empochera toute la recette et mon bénéfice ne sera que de quelques exemplaires, dont je ferai cadeau à qui de droit

En écrivant à son père, Agassiz mentionne seulement ses occupations du moment :

* Louis Agassiz à son père.

Munich, le 2 septembre 1828.

.... J’ai été très assidu cet été et je puis t’assurer de bonne part que les professeurs dont j’ai suivi les cours cette année, c’est l’un d’eux qui me l’a rapporté, ont dit publiquement et à plusieurs reprises que j’étais un des étudiants les plus assidus et les plus instruits de l’Université et que je mériterais une distinction publique. Ce n’est pas par ostentation que je te rapporte cela, mais seulement pour que tu ne croies pas que je perds mon temps, quoique je m’occupe essentiellement de sciences naturelles, et j’espère encore te prouver qu’avec un brevet de docteur pour parachute, on peut faire de l’histoire naturelle son gagne-pain et en même temps ses délices

Au mois de septembre, Agassiz s’accorda un court repos; la lettre suivante nous donne le récit de la course de vacances qu’il fit pendant ce temps.

* Louis Agassiz à ses parents.

Munich, le 26 septembre 1828.

.... C’est à la fin d’août que mes leçons de cette année académique se terminèrent, et, dès que nos professeurs

AGASSIZ A MUNICH

eurent achevé leurs cours, je commençai ma promenade alpestre. Braun, impatient de sortir de Munich, était déjà parti le jour précédent et m’avait promis de m’attendre sur la route de Salzbourg, au premier endroit qui lui plairait assez pour y passer la journée. Cependant, pour ne pas le désappointer, je priai un de mes amis de me conduire en voiture pendant une forte journée, croyant par là atteindre Braun sur les bords riants du lac de Chiem. J’avais pour compagnon de voyage le jeune Schimper, dont je vous ai déjà souvent parlé et qui a fait, il y a deux ans, un voyage botanique dans le midi de la France et aux Pyrénées. Notre conducteur était Mahir, étudiant en médecine, et fort zélé physicien, avec lequel je suis très lié; il m’a donné pendant tout l’hiver des leçons particulières de mathématiques; il était membre de nos réunions philomathiques.

Braun non plus ne s’était pas mis seul en route; ses deux compagnons de voyage étaient aussi nos amis; l'un, Trettenbach, étudiant en médecine, grand sophiste et grand raisonneur, se laissant battre de la meilleure manière possible par ses arguments et prétendant, malgré cela, avoir toujours raison; grand connaisseur d’antiquités, il est du reste le meilleur enfant du monde. L’autre, Moré, jeune étudiant du ci-devant département du Mont-Tonnerre, se vouant uniquement aux sciences naturelles, a choisi pour carrière celle de voyageur-naturaliste. Vous pouvez penser que ce sont des raisons pour m’attacher à lui; mais comme il est encore tout à fait commençant, je suis en quelque sorte son Mentor.

Le matin de notre départ, il faisait le plus beau temps imaginable; tout en faisant cheminer notre bidet, nous calculions où nous rencontrerions probablement nos compagnons de voyage; espérant atteindre encore le même jour le lac de Chiem, nous ne doutions pas les trouver le lendemain sur l’une de ses jolies îles. Mais, dans 1 après-

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