CHAPITRE XXIV
La lettre suivante, adressée au professeur Peirce, îenfeime un résumé des observations géologiques laites pendant le voyage. Agassiz ne put rédiger plus taid, comme il en avait eu l’intention, un rapport plus détaillé.
Louis Agassiz au professeur Peirce.
En rade de Guatemala, le 29 juillet 1872.
Mon cher Peirce,
.... Pendant notre voyage de Talcahuana à Santiago, j’ai pu ajouter un nouveau chapitre à l’étude du phénomène glaciaire. C’est une histoire si compliquée que dans ce moment je ne me sens pas en état de pouvoir vous en faire un rapport complet, mais j’essayerai de vous en indiquer en peu de mots les traits principaux.
Il y a entre les Andes et les montagnes de la côte une large vallée, celle de Chilian, qui s’étend du golfe d’Ancud, ou port de Mott, jusqu’à Santiago et encore plus au nord. Ce n’est que la continuation, à un niveau plus élevé, des chenals qui, du détroit de Magellan à Chiloë, sauf la seule interruption de Tres-Montes, séparent les îles de la terre ferme. Cette immense vallée qui s’étend sur plus de vingtcinq degrés de latitude, est un fond de glacier continu, montrant d’une manière évidente que sur toute sa longueur la grande nappe de glace australe a opéré là son retrait vers le sud. Je n’ai trouvé aucun fait indiquant que les glaciers des Andes aient traversé cette vallée pour rejoindre la côte du Pacifique. Dans quelques petites localités seulement j’ai remarqué, sur les débris qui remplissent l’ancien fond glaciaire, des erratiques volcaniques des Andes.