AGASSIZ. LES ILES GALAPAGOS
formation très récente, ces îles contiennent néanmoins une faune et une flore très particulières et très caractéristiques. L’ile d’Albemarle parut être la plus intéressante. Ce n’est qu’une montagne aride qui s’élève de la mer et qui, de la base au sommet, est couverte de petits cratères éteints. Du pont du navire, on n’en compta pas moins de cinquante, quelques-uns parfaitement symétriques, d’autres irréguliers comme si le feu en avait dévoré l’un des cotés. Cette ile faisait l’impression d’une fournaise souterraine dont les cratères étaient les cheminées. On jeta l’ancre dans le détroit de Tagus, baie profonde et calme, jadis moins paisible à en juger par ses hautes parois escarpées qui doivent être celles d’un ancien cratère.
On employa la journée suivante, le 15 juin, à examiner la côte. Les explorateurs débarquèrent au pied d’un ravin qu’ils gravirent sur son liane gauche, et arrivèrent bientôt au bord d’un grand cratère contenant dans son excavation un charmant lac. Dans ce cratère, il s’en élevait un second pareillement symétrique. En suivant les bords du lac jusqu’à son extrémité supérieure, ils atteignirent une élévation d’où l’on apercevait une immense nappe de lave durcie s’étendant jusqu’à l’Océan, sur une surface de quelques milles. Cette ancienne coulée de lave offrait les formes les plus curieuses et les plus fantastiques. C’était une vraie plaine de ruines calcinées où l’on remarquait des grottes et des galeries ouvertes, les unes assez grandes pour que plusieurs personnes pussent s’y tenir debout, les autres laissant à peine assez d’espace pour y pénétrer en rampant. Les dômes arrondis ou brisés n’étaient pas rares. Parfois