‹ Louis AgassizChapitre 363 sur 387 · AGASSIZ. L’ÉCOLE DE PENIKESE · texte numérisé non relu

AGASSIZ. L’ÉCOLE DE PENIKESE

les glaciers. Ce que l’un oubliait, l’autre le rappelait, si bien que les anciens temps revivaient non seulement pour les narrateurs, mais aussi pour les auditeurs. Ce sujet-là revenait volontiers dans leurs entretiens, car, chose curieuse, bile de Penikese, située dans une baie de la Nouvelle-Angleterre, possède des blocs erratiques venus du Nord, et Agassiz avait constamment sous la main de quoi illustrer son enseignement. Aussi plusieurs de ses meilleures conférences sur l’époque glaciaire furent-elles données à Penikese.

Rien n’était plus simple, plus libre de toute contrainte que ses rapports avec ses élèves et ses collègues, car il connaissait intimement chaque membre de la petite colonie. Le mauvais état de sa santé ne diminuait en rien l’ardeur de sa sympathie, et sa faiblesse ne refroidit jamais son enthousiasme. Chacun s’adressait à lui lorsqu’il avait besoin d’aide ou de conseils. Parcourant ensemble leur petit domaine, élèves et professeurs recueillaient des spécimens sur le rivage, draguaient sur les bateaux et étudiaient au laboratoire ou dans les salles d’étude; partout l’enseignement avait le caractère d’une causerie et admettait la plus libre discussion. Rien que le travail fût toujours combiné avec la récréation, il n’était cependant pas un amusement. On exigeait des élèves une application constante et des professeurs un enseignement dégagé de toute routine, mais systématique et soutenu.

Agassiz donnait souvent deux leçons par jour. Le matin il préparait ses élèves pour le travail de la journée, et l’après-midi il les interrogeait sur leurs observations et les amenait à comparer et à combiner

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