CHAPITRE XXV
pédagogie en même temps que d’histoire naturelle, ce qui, pour beaucoup de ses auditeurs, leur donnait une double valeur par le rapport direct qu’elles avaient avec leur propre vocation.
Dans son discours d’ouverture, il leur avait dit :
« Où que vous soyez, vous trouverez les mêmes « éléments d enseignement ; vous pourrez conduire « vos élèves en plein air, leur apprendre à observer « et les amener à la compréhension des mêmes sujets « que vous étudiez ici. Cette méthode d’instruire les « enfants est naturelle, entraînante et vraie. Lorsque « la nature elle-même est l’institutrice, les leçons ne « manquent jamais de charme. Personne ne peut y « substituer ses propres idées; aussitôt que nous nous « livrons à elle, elle nous ramène à la vérité absolue. »
C était là le côté brillant du tableau; mais ceux qui connaissaient de plus près Agassiz en voyaient aussi le côté sombre. Ils sentaient bien que le travail, joint au souci et à la responsabilité qui s’attachent à toute entreprise nouvelle et importante, mettaient sa vie en péril. Par moments on s’en apercevait clairement et il entrevoyait lui-même le danger. Néanmoins, il tint bon jusqu’à la fin de l’été et ne quitta Penikese qu’à la fermeture de l’école.
Pour ne pas interrompre notre récit, nous avons dû
omettre quelques faits d’une grande importance pour Agassiz et pour le Musée. Au printemps, cet établissement avait reçu de la législature du Massachusetts une allocation de vingt-cinq mille dollars. Agassiz y ajouta cent mille dollars, dont on lui avait fait présent
agassiz. l’école de penikese
à 1 anniversaire de sa naissance. L’emploi de cette dernière somme, destinée à l’établissement auquel il était si profondément attaché, était en dehors de tout contrôle de 1 administration ; elle pouvait être affectée aux collections et aux publications, ainsi qu’au traitement des aides, selon qu’il le jugerait à propos. Plus que jamais il avait donc à sa disposition d’importantes ressources pour ses recherches scientifiques. En revenant de Penikese, rempli de nouvelles espérances, il ne s’accorda qu’un court repos, en partie au bord de la mer et en partie dans les montagnes, et au mois d’octobre il se trouvait de nouveau à son poste au Musée.
Dans ses dernières conférences, il traita encore un de ses sujets favoris, le type des Radiés dans ses relations avec l’histoire physique de la terre, depuis la première apparition de la vie organique jusqu’à nos jours : « Vous devez apprendre, disait-il dans son dis- « cours d’ouverture, à considérer les fossiles comme « 1 antiquaire ses médailles ; les débris des animaux « et des plantes portent sur eux l’empreinte de leur « temps aussi nettement qu’elle apparaît sur les mon- « naies, les monuments de l’architecture ou dans la « littérature d’une époque, .le tiens à vous familia- « riser tellement avec ces formes que vous puissiez « reconnaître au premier coup d’œil leurs caractères « et leurs rapports. » C’est dans cet esprit que furent conçus ses derniers cours; ils avaient toute leur ampleur, leur profondeur et leur clarté habituelles; sa parole ne trahissait aucun déclin de ses forces physiques ou intellectuelles. La seule chose qui put révéler la maladie dont il portait dès longtemps le