‹ Louis AgassizChapitre 4 sur 387 · ENFANCE D’AGASSIZ · texte numérisé non relu

ENFANCE D’AGASSIZ

« rière à Neuchâtel. Il me communiquait ses projets,

« me conduisait souvent au Musée qu’il contribuait à

« y créer avec tant de peine et de persévérance. J’as-

« sistai à plusieurs de ses conférences à Neuchâtel et

« j’étais avec lui quand il reçut l’acte de bourgeoisie,

« lui, une des seules personnes auxquelles cet hon-

« neur ait été conféré h Et cependant mon tils était

« si jeune ! Louis me permettait de travailler à ses

« côtés, tandis qu’il écrivait ou recevait des visites.

« Il me parlait de sa correspondance, de ses ennuis,

« de ses désappointements. »

Dès son enfance Agassiz montra du goût pour l’his-

toire naturelle; outre les poissons de son aquarium,

il avait alors toute sorte de favoris, des oiseaux, des

souris, des lapins, des cochons d’Inde, dont il élevait

les petits avec beaucoup de soins. La pêche jouait

toujours un grand rôle dans ses amusements et dans

ceux de son frère Auguste, de deux ans plus jeune

que lui; ils devinrent môme de très habiles pêcheurs,

non seulement avec les engins ordinaires, l’hameçon, la ligne, les lilets, mais par des procédés qui étaient tout à fait de leur invention et dénotaient une grande connaissance des habitudes des poissons. Pendant la saison des bains et à une grande distance des bords du lac, soit à Motier, soit à Cudrefin, chaque pierre sous laquelle pouvait s’abriter un poisson, chaque trou de mur baigné par les eaux, était fouillé par eux, et ils devinrent si habiles qu’ils n’eurent plus besoin d’aucun engin de pêche pour prendre le poisson; ils réussirent même à saisi r avec la main cer-

1 Cet acte fut conféré à Agassiz le 28 mai 1888.

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