‹ Louis AgassizChapitre 45 sur 387 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La première partie de l’ouvrage sur les « Poissons du Brésil » étant terminée, Agassiz eut le plaisir de l’envoyer à ses parents, comme avant-coureur de sa propre visite; car il se proposait de passer un mois avec eux, après avoir assisté en septembre à une réunion scientifique; il s’en retournerait ensuite à Munich pour achever ses études médicales.

* Louis Agassiz à ses parents.

Munich, le 4 juillet 1829.

.... J’espère que, lorsque vous lirez ma lettre, vous aurez reçu la première partie de mes « Poissons du Brésil »,

par l’entremise de M de Genève, auquel M. Martius

avait à envoyer un paquet de plantes, qui ont été emballées avec mon livre. J’ose croire que cet ouvrage me vaudra un nom et j’attends avec impatience la critique

qu’en fera, je suppose, M. Cuvier Je pense donc que le

meilleur parti à prendre pour atteindre les divers buts que je me suis proposés est de continuer la canièie dans laquelle je me suis lancé et de publier mon « Histoire naturelle des Poissons d’eau douce d Allemagne et de la Suisse », que je ferai paraître par cahiers de six feuilles d’impression, accompagnés de douze planches coloiiées.... Vers le milieu de septembre, il y aura une réunion générale de tous les naturalistes et médecins d’Allemagne, à laquelle sont invités tous les savants étrangers. Depuis deux ans, de semblables réunions ont eu lieu alternativement dans une des plus brillantes localités de l’Allemagne. Celle de cette année sera à Heidelberg. Pourrait-on désirer une plus belle occasion de faire connaître ce que l’on se propose de publier? Je pourrai même présenter les dessins originaux que j’ai déjà fait faire des espèces

AGASSIZ A MUNICH

qui ne se trouvent que dans les environs de Munich et qui sont pour ainsi dire inconnues de tous les naturalistes. Il y aura à Heidelberg des Anglais, des Danois, des Suédois, des Paisses, des Français et peut-être même des Italiens. Si, jusqu’alors, je pouvais tout préparer et distribuer des annonces imprimées de mon ouvrage, je serais sûr du succès

A cette époque où les ports de lettres étaient lort chers, les différents membres de la famille écrivaient quelquefois sur la même feuille de papier; une de ces feuilles se termine par un post-scriptum de Madame Agassiz, « qui, dit-elle, veut profiter de la petite place qu’on lui a laissée, pour exprimer sa joie au sujet du diplôme obtenu par son fils et de l’ouvrage qu’il vient d’achever. »

* Madame Agassiz à son fils.

Orbe, le 16 août 1829.

.... La place que ton frère m’a laissée me paraît bien insuffisante pour toutes les choses que j’aurais à te dire, mon cher Louis. Je commencerai par te remercier des jouissances que tes succès me font savourer; elles sont aussi douces que bien senties. Notre satisfaction est déjà pour toi une récompense de tes travaux. Nous attendons avec impatience le moment de te voir et de nous entretenir avec toi; ta correspondance laisse beaucoup à désirer et nous sommes quelquefois un peu honteux de ne pouvoir donner que si peu de détails sur ton ouvrage. Tu apprendras avec surprise qu’il ne nous est point encore parvenu. Le monsieur de Genève veut-il le lire avant de nous l’expédier, ou ne lui est-il pas même arrivé ? Voilà ce qui nous inquiète Adieu, mon cher ami; la place me

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