‹ Louis AgassizChapitre 46 sur 387 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

manque pour t’écrire plus longuement; il ne m’en reste que juste assez pour t’assurer de ma vive affection. La Gazette de Lausanne , où ton nom figure très honorablement, nous a valu des félicitations

* Louis Agassiz à son père.

16 août 1829.

.... J’espère qu’à présent tu auras reçu mon livre. Je ne puis m’expliquer ce retard, d’autant moins que M. Cuvier auquel je l’ai également adressé par la même voie, m’en a déjà accusé réception. Je joins sa lettre à la mienne; j’espère que tu auras quelque plaisir à lire ce qu’un des plus grands naturalistes de notre siècle m’écrit là-dessus.

* Cuvier à Louis Agassiz.

Au Jardin du roi, à Paris, le 3 août 1829.

Monsieur,

Vous m’avez fait beaucoup d’honneur, ainsi que M. Martius, en plaçant mon nom en tête d’un recueil aussi précieux que celui que vous venez de publier; l’importance et la rareté des espèces qui y sont décrites et la beauté des figures en feront un ouvrage important pour l’ichthyologie, et rien ne pouvait ajouter autant à son prix que l’exactitude des descriptions que vous y avez jointes. Il me sera de la plus grande utilité pour mon histoire des poissons et déjà j’en avais cité les planches dans la deuxième édition de mon règne animal. Je ferai encore mon possible pour en accélérer le débit parmi les amateurs, soitjen le faisant voir à ceux qui se réunissent chez moi, soit en en faisant parler dans les recueils scientifiques.

J’attends avec un grand intérêt votre histoire des Pois-

AGASSIZ A MUNICH

sons des Alpes. Elle ne peut que remplir un grand vide dans cette partie de l’histoire naturelle, surtout pour les différentes divisions du genre Salmo. Les figures de Bloch, celles de Meidinger, celles de Marsigli, sont très insuffisantes. Nous avons bien ici la plupart des espèces, en sorte que, pour les formes, il me sera facile d en rectifier les caractères; mais, pour les couleurs, il n’y a qu’un peintre travaillant sur les lieux et d’après le poisson sortant de l’eau qui puisse les fixer. D’ailleurs, vous aurez sans doute beaucoup à ajouter sur le développement, les mœurs et les usages de tous ces poissons. Peut-être feriez-vous bien de vous en tenir d’abord à une monographie des Salmones.

Agréez, je vous prie, avec mes remerciements pour les documents que vous me faites espérer, 1 assurance de ma haute estime et de mon attachement bien sincère.

B. G. Cuvier.

Enfin arrive le moment attendu avec tant d’impatience où le premier livre du jeune naturaliste parvient à ses parents. La nouvelle en est annoncée par quelques lignes écrites à la hâte.

* M. Agcissiz père cl son fils Louis.

Orbe, le 31 août 1829.

Je me hâte, mon cher ami. de t’annoncer la réception de ton bel ouvrage, qui m’est arrivé de Genève jeudi dernier. Je n’ai pas de termes pour t’exprimer le plaisir qu’il m’a fait. En deux mots, car je ne suis seul que quelques minutes, je viens te réitérer mon instance d’accélérer ton

retour le plus vite qu’il te sera possible Le vieux père

qui t’attend les bras et le cœur ouverts, te fait les plus tendres amitiés

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