‹ Louis AgassizChapitre 47 sur 387 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1829-1830 - 22 à 24 ans.

Réunion scientifique de Heidelberg. — Visite d’Agassiz à ses parents. — Maladie et mort de son grand-père. — Retour à Munich. — Projets de publications scientifiques. — Diplôme de docteur en médecine. — Voyage à Vienne. — Retour à Munich. — Lettres de famille. — Fin du séjour à Munich.

* Louis Agassiz à ses parents.

Heidelberg, le 25 septembre 1829.

.... Enfin, notre réunion est arrivée à son terme et, débarrassé de toute inquiétude sur ce que je voulais présenter ici, je puis venir m’entretenir avec vous en paix et avec tout l’abandon auquel depuis longtemps j’ai si grand besoin de me laisser aller. La tension d’esprit que j’étais obligé de soutenir pour arriver à temps à mon but, m’empêchait de faire place aux sentiments que j’aime tant à entretenir lorsque je suis en repos. Je ne veux aujourd’hui vous parler ni de ce que j’ai fait ces derniers temps (un bout de lettre de Francfort vous l’aura appris), ni des relations que j’ai formées à la réunion de Heidelberg, ni de la manière dont j’ai été reçu lors de ma présentation. Ce sont autant de sujets qu’on peut beaucoup mieux traiter en tête à tête Je compte partir d’ici demain ou

après-demain, suivant les circonstances; je resterai quel-

AGASSIZ A ORBE

ques jours à Carlsruhe pour emballer mes effets et de là je ferai le trajet jusqu’à Orbe aussi vite qu’il me sera possible

Le mois suivant, Agassiz se trouve à la cure d’Orbe. Après les premiers moments consacrés au plaisir de revoir sa famille, il emploie la plus grande partie de son temps à arranger ses collections à Gudrefin où son grand-père lui avait donné la place nécessaire et o ii chacun se faisait une fête de l’aider dans ce travail; mais son séjour se termina tristement par suite de la maladie, puis de la mort du bon vieux grandpère, sous le toit duquel enfants et petits-enfants aimaient à se réunir.

Louis Agassiz à Alexandre Braun.

(Trad. de l’allemand.)

Orbe, le 8 décembre 1829.

.... Voici la dernière soirée que j’ai à passer à Orbe et j’en consacre une heure à m’entretenir avec toi. N’ayant pas reçu de mes nouvelles, tu seras sans doute étonné en apprenant que je suis encore ici. Tu sais que j’ai arrangé mes collections à Gudrefin et que j’y ai passé de bien heureux jours avec mon grand-père; mais il est maintenant très malade et lors même que nous en recevrions aujourd’hui de meilleures nouvelles, l’idée que je dois le quitter peut-être pour toujours me laisse un grand poids

sur le cœur Je viens d’attacher mon dernier paquet de

plantes; mon herbier, composé de trente-deux paquets, est en ordre. C’est à toi que je le dois, mon cher Alex, aussi ai-je du plaisir à te le dire et à me le rappeler.

Page 1