CHAPITRE IV
de soixante-quatorze, qu’il a présentées et dont une nomenclature fut imprimée avec son discours d’introduction (Einladung), suivant les règlements en usage. Je suis étonné du grand nombre de ces thèses. Les sujets sont anatomiques, pathologiques, chirurgicaux, obstétricaux et comprennent des recherches sur la materia medica, la mededm forensis et leurs relations avec la botanique. L’une d’elles m’intéressa tout particulièrement, Fœmina humana superior mare (la femme est supérieure à l’homme). J’aurais bien aimé savoir comment votre père l’a interprétée. La dernière lettre que je lui ai adressée, en automne 1873, contenait quelques questions sur ce sujet, mais hélas ! elle est restée sans réponse.
Dans une lettre écrite à son frère au moment d’obtenir son diplôme, Agassiz s’exprimait ainsi :
.... Je suis maintenant décidé à continuer la médecine à côté de l’histoire naturelle. Je te remercie de ton offre désintéressée; je n’en aurai pas besoin, car je suis en très bon chemin avec mon libraire, M. Cotta, de Stuttgart. J’ai la conviction qu’il acceptera mes ouvrages, car il les a fait demander pour les examiner de plus près. Je lui ai donc tout remis et je suis sûr qu’il avalera la pilule. La seule chose qui pourrait occasionner quelques longueurs, ce sont mes conditions: mais j’espère qu’il y consentira aussi. J’exige pour mes « Poissons d’eau douce » et pour les « Pétrifications » vingt mille francs de Suisse \ S’il n’accepte pas, je m’adresserai à un libraire de Paris.
Le 3 avril, il reçut son diplôme de docteur en médecine et, un ou deux jours après, il écrivait à sa mère dans la joie de son cœur :
1 Environ 25,000 francs.
AGASSIZ A MUNICH
* Louis Agassiz à sa mère.
Munich, avril 1830.
.... C’est à toi que je dois adresser ma lettre aujourd’hui, car c’est à toi que je suis redevable d’avoir fait ce que je viens d’achever et c’est pour te remercier d’avoir encouragé mon zèle que je t’écris. Je suis bien sûr que tu n’auras jamais reçu de lettre de moi qui t’ait fait autant de plaisir que celle-ci, et de mon côté je puis dire que je n’en ai jamais écrit avec plus de satisfaction. Hier, j’ai terminé mon examen de médecine après avoir satisfait à
toutes les réquisitions de la Faculté Le tout a duré
neuf jours. On m’a fait sortir pour délibérer sur mon succès et, lorsque je suis rentré, le doyen m’a adressé ces paroles: « La Faculté a été très (accentué) satisfaite de « vos réponses; elle se félicite de pouvoir décerner le « doctorat à un jeune homme qui s’est déjà acquis une « réputation aussi honorable que la vôtre. Samedi, M. le « Recteur de l’Université vous remettra le doctorat dans « la grande salle académique, après que vous aurez sou- « tenu vos thèses. »
Puis le recteur a ajouté qu’il regarderait comme le plus beau moment de son rectorat, celui où il pourrait me conférer un titre que j’ai si bien mérité. C’est donc samedi prochain, au moment où vous recevrez ma lettre, à dix heures du matin, que commencera le colloque et c’est à midi que j’obtiendrai mon brevet. Ma bonne mère, sois sans inquiétude sur mon compte; tu vois que je sais
tenir ma parole Écrivez-moi bientôt; dans quelques
jours j'irai à Vienne pour y passer plusieurs mois
LO t’IS AGASSIZ